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Maisons de santé. Ça se bouscule

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Maisons de santé. Ça se bouscule

Message par Admin le Ven 9 Oct - 18:31


Comment garder ou attirer des médecins en zone rurale ? Pour de plus en plus de communes, la réponse, c'est la maison de santé. Très bien, sauf qu'il ne suffit pas de mettre à disposition un beau bâtiment. C'est d'abord un projet collectif qui doit être réfléchi. Au risque pour la commune de se retrouver avec des locaux vides sur les bras. Saint-Barnabé, dans les Côtes-d'Armor, a une belle maison médicale. Problème : elle est vide depuis avril 2014. Le médecin a décidé de s'installer sur une autre commune, La Trinité-Porhoët, située, elle, en zone de revitalisation rurale dans le Morbihan. Avec donc un certain nombre d'avantages fiscaux à la clé. La maison n'appartient pas à la commune, mais c'est elle qui a réalisé les aménagements extérieurs. Forcément de quoi rendre quelque peu amer Georges Le Franc, le maire de Saint-Barnabé.


Concurrence Des situations analogues, sans être très nombreuses, existent. Entre les communes, même si elles récusent le mot, une certaine concurrence peut s'exercer pour attirer des professionnels de santé. Difficile parfois d'éviter la querelle de clochers. Les communes en zone prioritaire ou dites fragiles bénéficient d'aides financières que n'ont pas forcément les autres. Difficile aussi pour les structures privées de rivaliser avec les structures publiques. Moréac, dans le Morbihan, en sait quelque chose qui, au dernier moment, s'est fait ravir ses candidats par une commune voisine. À Bréhan, toujours dans le Morbihan, c'est le médecin généraliste qui avait créé en 2004 une des premières maisons médicales bretonnes qui envisage de quitter la commune pour s'installer à Rohan, où une maison de santé pluriprofessionnelle (MSP) est en projet. « Il n'est pas dans nos objectifs de contrarier les activités existantes dans les communes voisines », a dû préciser le maire de Rohan face aux réactions des Bréhannais qui dénoncent « les conditions inéquitables d'accès des professionnels de santé dans des pôles médicaux publics pouvant mettre en cause les pôles privés ».


Pas très loin de là, à Pleugriffet, commune de 1.250 habitants, où la première pierre d'une MSP sera posée le 15 octobre, le maire se défend, lui aussi, de vouloir aller faire son marché dans les communes voisines. « On ne veut pas du tout concurrencer ce qui existe à Bréhan. Notre seul objectif est simplement de conserver les cabinets de kiné et d'infirmiers qui sont sur la commune, ainsi que le médecin. Nous n'allons quand même pas nous priver des aides de l'État. »


72 maisons opérationnelles Plusieurs MSP sur un même territoire ? Pour Marine Chauvet, directrice adjointe à l'Agence régionale de santé (ARS) chargée de l'offre ambulatoire, ce n'est pas forcément un problème. « Tout dépend de son étendue. Ce qui compte, c'est le projet collectif sur le territoire global. » Dans le cas particulier de Bréhan, elle pointe le manque de concertation. « Il faut vraiment vérifier que tous les professionnels travaillent dans le même sens et que les élus discutent entre eux. » Mais une concertation n'est pas toujours facile à promouvoir quand un maire, et ils sont nombreux dans ce cas, veut à tout prix une maison sur sa commune pour attirer les jeunes médecins. « C'est vrai que les élus considèrent une MSP comme un levier principal d'action. Mais elle périclitera s'il n'y a pas de bonnes conditions d'exercice. Il faut d'abord un projet pluriprofessionnel, et ensuite, éventuellement, une maison. » Une MSP, c'est plus qu'une simple maison médicale. Saint-Barnabé est pour Marine Chauvet un exemple à ne pas suivre : « Ça ne m'étonne pas, il n'y a pas de projet derrière ». Cela dit, et malgré quelques cas difficiles, la Bretagne est une des régions où l'implantation des MSP se fait plutôt bien. C'est même l'une des régions où elles sont les plus nombreuses : 72 sont aujourd'hui opérationnelles et 13 sont en cours d'élaboration.


À Ploërdut, on pousse les murs « C'est bien pratique. On a tout sur place, avec en plus une pharmacie au bourg. » Venu avec son enfant malade, ce papa apprécie l'accueil et les services proposés. Ouverte depuis près de trois ans, la maison de santé de Ploërdut, petite commune de 1.200 habitants du centre-Bretagne, dans le Morbihan, ne désemplit pas. On y vient de toutes les communes alentour dont la plupart n'ont plus de médecin. Avec deux généralistes, un dentiste, un kiné, des infirmiers, un psychologue, un podologue, la maison de santé de Ploërdut, c'est un peu comme un mini-hôpital. Elle dispose même d'une salle pour la « bobologie ». Ce qui évite aux pompiers d'envoyer systématiquement les patients aux urgences de l'hôpital de Pontivy, distant de 35 kilomètres.

« Ne pas aller trop vite » Cette maison de santé, située en zone de revitalisation rurale, ne s'est pas faite en un jour. « On a commencé à y réfléchir en 2005 », explique Jean-Luc Guilloux, le maire. Il a fallu beaucoup de réunions avec les professionnels de santé pour monter un projet qui se tienne et le faire valider par l'Agence régionale de santé (ARS). « Ce n'est pas du tout évident à mettre en place, il ne faut pas aller trop vite », confirme le Dr Sylvie Bouchilloux, cogérante avec le Dr Daffos de la maison. Cet établissement à Ploërdut, c'est d'abord un projet médical de territoire. Les professionnels de santé se sont regroupés dans une Sisa (Société interprofessionnelle de soins ambulatoires), la première qui a été créée en Bretagne. Ici, il y a une véritable coordination entre tous les praticiens. « Si le dentiste a besoin d'un avis médical, il l'a tout de suite », explique Corinne, la secrétaire


Équipe soudée Arrivé de la région parisienne, le chirurgien-dentiste apprécie ce mode de fonctionnement et l'ambiance. « L'équipe est très soudée, il n'y a pas de clan, on se réunit tous les mois pour évoquer les problèmes qui se posent. » Le kiné confirme : « On a gagné en efficacité. Tout est beaucoup plus simple ». La population apprécie elle aussi. L'effet d'attraction est très fort. À tel point que les professionnels de santé ont du mal à faire face. « Au début, notre inquiétude c'était : est-ce que l'on aura du travail ? Aujourd'hui, c'est : comment faire pour gérer trop de travail ? », observe le Dr Daffos. Un deuxième dentiste devrait bientôt intégrer l'équipe ainsi qu'un troisième voire un quatrième médecin. Trois ans à peine après être sortie de terre, la maison est déjà trop petite. Elle va être agrandie.

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