Ils ont frôlé la mort et préparent leur seconde vie PAIMPOL

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Ils ont frôlé la mort et préparent leur seconde vie PAIMPOL

Message par Admin le Jeu 28 Avr - 17:33



Yannick LE TUTOUR.


En pointe dans le domaine de réadaptation cardiovasculaire, le centre de soins de l'hôpital de Paimpol accueille, toutes les trois semaines, une vingtaine de malades.




Dans le bassin enfants de la piscine, ils ont de l'eau jusqu'à la poitrine. Des haltères en caoutchouc dans les mains, ils brassent avec énergie, sur les conseils de Lucile, l'éducatrice sportive du service de soins et de réadaptation cardiovasculaire de l'hôpital de Paimpol.

Certains portent une grande cicatrice le long du sternum, spécifique aux « pontés » : les opérés à cœur ouvert. Robert en sourit : « Dire qu'il a fallu cela pour que je me retrouve dans une piscine, à 72 ans. » Drôle de découverte pour ce retraité EDF qui avoue sa faute : « J'ai fumé jusqu'à deux paquets de Gitanes par jour et, chez les clients, on ne crachait pas sur l'apéro. »




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Avec une vingtaine de patients, ils paient ensemble « leurs fautes, ou pas ». Ici, la thérapie passe par une responsabilisation personnelle et un entraînement collectif, pour se refaire une seconde existence, après avoir frisé la mort. « C'est un peu comme à l'armée », assure Patrick, un gendarme à qui on a posé un stent (1). Au cours d'aquagym, il est le crack qui accumule les allers-retours au crawl, pendant que les autres se reposent. Normal, à 46 ans, c'est le jeunot du groupe… « En fait, j'ai toujours nagé. Mes problèmes cardiaques ? Je suis trop gros. Et aussi, peut-être, le stress au boulot… »

Autour de lui, ça rigole. Même Bernard, prof de français en retraite, 68 ans, sportif averti et… « triple ponté ». « Ça m'est tombé dessus comme une bombe. J'étais en superforme et le cardiologue a diagnostiqué le mal au cours d'un banal test d'effort… » De quoi être dégoûté puisqu'il assure n'avoir commencé à prendre l'apéro qu'après… son opération. « Je ne crache pas depuis sur un petit whisky. La nutritionniste nous a dit qu'on avait le droit à trois unités par jour… » Soit trois verres d'alcool. Re-rigolade dans les rangs.

Bonnet de bain rivé sur la tête, ils ont tous la « banane ». On se croirait presque dans un club de vacances. Tout le monde est passé si près de la mort qu'ils veulent en profiter de cette bonne vieille vie. Mais avec de nouvelles cartes en main. « Nous, on est là pour leur faire prendre conscience de leurs addictions. Ce n'est pas évident », explique le Dr Konaté, un des cardiologues.


« On est des donneurs d'alerte »

Certains, au départ en petite forme, le moral dans les chaussettes, reprennent du poil de la bête. « J'ai senti une grosse douleur à la poitrine alors que je faisais du vélo à Biarritz avec mes enfants, pendant les vacances », témoigne Catherine, institutrice, la quarantaine. Arrivée fatiguée, à peine capable de marcher cent mètres, elle n'est désormais plus la dernière à finir son tour d'étang de Poulafret, lors de la sortie « marche », alors que la mer, au plein, entoure la presqu'île.

Un air de paradis. Comme celui que certains ont failli voir de trop près. « J'étais en vacances dans le Limousin, raconte Yves, restaurateur de 70 ans. J'ai senti ma mâchoire se durcir et je me suis écroulé au milieu d'une petite place. Mais j'avais déjà eu un souci trente ans avant et ma femme n'a pas perdu de temps. » Résultat : quadruple pontage d'urgence, à Limoges. Il ne fera jamais plus un marathon, mais il a apprécié ce stage de trois semaines, à Paimpol. Depuis sa sortie, il s'est même inscrit aux séances du club cœur & Santé, « pour avoir le courage de continuer le sport ».

Le sport, nerf de la guerre. Il faut lutter contre la sédentarisation, un des déclencheurs des problèmes cardiaques. L'anecdote de Loïc, informaticien de 56 ans, en dit long : « En arrivant au stage, j'avais l'impression de déjà connaître des gens. En fait, on s'était vu à la caisse d'un magasin de sport derrière l'hôpital, où on venait d'acheter notre survêtement ou une paire de tennis… »

Le groupe glousse à nouveau car, il faut bien l'admettre, pas grand monde n'a une tête de sportif ici, mais chacun doit s'y mettre. La dernière activité de cette journée de travaux (pas) forcés : le vélo ergonomique. « La punition », assure Jérôme, cultivateur de 63 ans, terrassé sur son tracteur, par un infarctus.

Les patients de l'hôpital de Paimpol sont aussi sensibilisés à leur nouveau rôle dans la société : donneurs d'alerte. « Dès que je vois un gamin en surpoids manger des frites mayo, ça me fait flipper pour lui », développe Loïc qui en a pourtant ingurgité des tonnes. Mais ça, c'était avant…

(1) Stent : dispositif glissé dans une artère pour la maintenir ouverte, communément appelé ressort.

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