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Guérir du cancer sera-t-il bientôt hors de prix ?

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Guérir du cancer sera-t-il bientôt hors de prix ?

Message par Admin le Jeu 5 Mai - 20:59

Le Populaire du Centre
Publié le 03/05/2016 à 16:43




La Ligue contre le cancer et des médecins hospitaliers se mobilisent nationalement et localement pour alerter sur le coût des nouveaux traitements. Parmi eux : Marguerite Munoz, présidente du comité 87 de la Ligue, et Dominique Bordessoule, hématologue au CHU de Limoges.





« Demain, pourrons-nous tous être soignés ? » C'est l'interpellation choc d'une pétition lancée par la Ligue nationale contre le cancer et qui a déjà recueilli près de 57.000 signatures. Une mobilisation réclamant « la fin des prix exorbitants des médicaments contre le cancer ». Qu'en est-il exactement ? Y a-t-il une menace sur l'égalité d'accès des patients aux soins innovants (les thérapies ciblées ou l'immunothérapie, par exemple) ?

Mobilisées localement, Marguerite Munoz, la présidente du comité 87 de la Ligue contre le cancer, et Dominique Bordessoule, chef du service d'hématologie au CHU de Limoges, signataire d'une tribune de 110 cancérologues et hématologues parue dans Le Figaro mi-mars, font le point sur la situation.

« Les nouvelles molécules, dont certaines représentent des progrès formidables pour les malades, sont très onéreuses, souligne ainsi le professeur Bordessoule. Pour l'instant, l'assurance-maladie les rembourse, mais le coût est tellement élevé que cela ne pourra pas durer. Il est donc nécessaire de maîtriser le prix de ces médicaments. » Des traitements qui peuvent ainsi aller de 2.000 à 8.000 € par mois, dans une maladie de plus en plus chronique…
Plus de transparence
Or, « on ne comprend pas toujours pourquoi le prix est si important, poursuit Dominique Bordessoule. Certes, il est nécessaire de soutenir la recherche pharmaceutique, mais il faudrait dissocier cette "aide" du budget de la Sécurité sociale car cela pèse sur notre système de santé ».

Il devient surtout urgent de définir un juste prix, précise l'appel des médecins dansLe Figaro: un prix « basé sur les sommes investies par les industriels pour la R & D du produit (en tenant compte des apports fournis par la recherche académique [publique, ndlr]), auquel s'ajouterait un retour sur investissement raisonnable ». Et un prix arbitré en toute transparence, dans des négociations associant des représentants des patients et des professionnels de santé (*).

Pour l'instant, « il n'y a ni restriction, ni sélection de patients », rassure le professeur Bordessoule. Mais à l'avenir ? « Il faut rester optimiste », espère l'hématologue, qui souhaite qu'une solution soit trouvée pour répondre à ce problème national, qui a son importance en Limousin.

« Ces traitements peuvent être pris à domicile. Ils sont particulièrement adaptés à notre population, parfois plus fragile qu'ailleurs. Dans la région, nous avons des personnes urbaines, connectées et informées, qui savent où aller pour bénéficier d'un essai thérapeutique, mais aussi beaucoup de gens concernés par la fracture numérique ou culturelle, âgés, éloignés du CHU et qui hésitent à se faire soigner. Nous allons déjà vers eux, via des consultations délocalisées, et les nouveaux médicaments ne peuvent que faciliter leur prise en charge. »


Des patients moins favorisés, quelquefois dépourvus de complémentaire santé qui, si un jour l'assurance-maladie venait à ne plus pouvoir rembourser la totalité des médicaments anti-cancéreux, seraient laissés pour compte…



« On ne parle pas d'un bien de consommation »
Marguerite Munoz préside le comité haut-viennois de la Ligue contre le cancer.

Au niveau national, l’association est à l’initiative d’une pétition qui rencontre un fort succès sur internet et d’une campagne de communication offensive lancée le 25 avril.

Pourquoi avoir lancé cette pétition ?

« Parce que les coûts des médicaments contre le cancer sont devenus inacceptables, notamment celui des molécules nouvelles. Par exemple, le Keytruda®, un traitement contre le cancer de la peau, coûterait 100.000 € par an et par patient. Cela pose un vrai problème. Le risque c’est que l’assurance-maladie ne puisse plus rembourser intégralement les traitements anticancéreux : en 2007, ils représentaient 6,6 % de ses dépenses?; en 2015, 10 %. En fait, cela fait dix ans qu’on constate une augmentation. »

En quoi ces prix ne sont pas justifiés, selon vous ?


« Cela manque de transparence. Le coût d’un médicament est, par exemple, établi en fonction du potentiel économique de la population : il est plus cher aux États-Unis qu’en France. De même, le coût de la recherche et du développement des molécules représenterait 15 à 20 % du chiffre d’affaires des laboratoires pharmaceutiques quand le marketing équivaudrait à 30 %. C’est une marge injustifiable : on ne parle pas d’un bien de consommation courante, mais d’une nécessité vitale… »

Quel est l’objectif de la mobilisation ?

« Nous souhaitons que ce sujet figure, à la demande de la France, à l’ordre du jour du G7 à Tokyo, les 26 et 27 mai. C’est évidemment une discussion qui doit se dérouler au niveau mondial. »

Plus de détails sur la pétition sur ligue-cancer.net

https://www.ligue-cancer.net/



L'industrie sur la défensive


Sans surprise, la campagne de la Ligue irrite le syndicat des entreprises du médicament (LEEM), qui s’est fendu d’un communiqué de presse affirmant qu’« aucun patient en France n’a jamais été privé de traitement pour des raisons économiques » et que le pays est un de ceux en Europe « qui assure le meilleur accès des patients aux médicaments innovants ».

Le LEEM dit « les préoccupations des pouvoirs publics », avoir fait des propositions permettant « la soutenabilité économique du système de santé » et s’être engagé à « chercher des solutions […] l’accès le plus large à l’innovation thérapeutique ». Tout en reconnaissant « les prix généralement élevés » des innovations, il estime qu’elles « seront à même de générer des gains de productivité dans le système de soins, et donc des possibilités d’économies. »
(*) Les prix sont actuellement fixés par le comité économique des produits de santé (CEPS), un organisme interministériel placé sous l'autorité des ministres de la santé, de la sécurité sociale et de l'économie, via des conventions conclues avec les entreprises. Mais les discussions ne sont ni enregistrées ni publiées, selon un rapport de la Cour des comptes de mars 2016.



Hélène Pommier

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