Un étudiant raconte le quotidien des ouvriers d'une usine chinoise d'iPhone

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Un étudiant raconte le quotidien des ouvriers d'une usine chinoise d'iPhone

Message par Admin le Ven 14 Avr - 21:40

Publié le 14/04/2017 à 18:13

Une usine de Foxconn, un autre sous-traitant d'Apple, en 2010. - AFP


Dejian Zeng, étudiant de la New York University, a passé six semaines incognito dans une usine chinoise du taïwanais Pegatron, l'un des sous-traitants d'Apple assemblant les iPhone. Il raconte son séjour.


C'est un projet de fin d'études original et ambitieux que Dejian Zeng, étudiant de la New York University vient de mener à bien. Cet étudiant chinois qui aimerait travailler dans une ONG spécialisée dans les droits de l'homme a voulu voir comment vivaient les employés d'une usine du taïwanais Pegatron, l'un des sous-traitants d'Apple en charge de l'assemblage des iPhone.

Mais pas n'importe laquelle. L'usine en question, basée près de Shanghai, a déjà fait l'objet de plusieurs reportages, notammentde la BBCen 2014. Des reportages dénonçant des conditions de travail épouvantables. Depuis Apple a mené des audits et exigé que les salariés soient augmentés.


1.800 vis par jour


Dejian Zeng a donc voulu vérifier in situ si les choses avaient réellement changé pour les salariés concernés. Pour cela, il a passé six semaines, l'été dernier, dans cette usine baptisée Changshuo. Il s'est présenté devant le portail avec ses bagages, a montré ses doigts pour que ses recruteurs puissent vérifier qu'ils étaient intacts, puis récité l'alphabet anglais ("Les unités sont classées avec des lettres et des chiffres anglais", explique-t-il). Et trois jours plus tard, après un examen physique et un peu de paperasse, il signait son contrat de travail.




Le voilà embarqué pendant six semaines pour une expérience hors du commun. Il travaille sur une ligne d'assemblage où, à longueur de journée, il est chargé de fixer un haut-parleur sur des iPhone 6S (puis des iPhone 7) à l'aide d'une visseuse. Chaque jour, 1.800 vis passent entre ses mains, selon ses estimations.

"Les premiers jours vous êtes très concentré pour suivre le rythme de la chaîne. Vous n'avez pas le temps de penser à autre chose et cela vous fatigue énormément. Mais au bout d'un moment vous êtes habitué et vous vous retrouvez, par moments, à ne rien faire. Les gens s'ennuient alors fermement car tous les produits électroniques sont formellement interdits à l'intérieur des chaînes de production. Parfois les employés parlent entre eux, mais le chef de ligne s'énerve et leur demande de baisser le ton", raconte-t-il à Business Insider.

"Une véritable torture"

Le pire pour lui furent les tests de production de l'iPhone 7: "Pendant une journée, vous ne produisez que cinq smartphones et vous passez donc quasiment 12 heures à ne rien faire. C'est une véritable torture".

Dejian Zeng travaillait la nuit, de 19h30 à 7h30 du matin. "Lors de la pause de 10 minutes, beaucoup de gens dorment, et c'est une vraie bataille parce que la pause n'est pas très longue. Et si vous voulez boire ou aller aux toilettes, vous devez traverser l'atelier et revenir, ce qui prend près de 10 minutes", indique l'étudiant. Il dit avoir rencontré un collègue ayant travaillé 11 jours d'affilée. Mais précise aussi que l'entreprise fait très attention à ce que les heures supplémentaires soient bien payées 50% de plus.

Question salaires, justement, Dejian Zeng explique au Carnegie Council avoir gagné environ 500 dollars par mois après déduction d'une somme forfaitaire pour le logement et la nourriture. Car les salariés vivent à l'usine. Dejian Zeng a dormi dans un dortoir avec sept autres hommes âgés de 18 à 28 ans, certains sans diplôme, d'autres titulaires d'une licence. "Tout le monde se tenait tranquille. Si vous étiez dans le dortoir, c'est que vous vouliez dormir ou regarder des vidéos sur votre téléphone", raconte-t-il. Les salariés avaient (quand même) la possibilité d'aller dans un cybercafé sur le "campus" (qui regroupe l'ensemble des dortoirs) pour jouer à des jeux vidéo type League of legends. Il y avait également des restaurants et un terrain de basket.

"Les ouvriers sont vraiment comme nous. Ils parlent de films d'horreur, des actrices qu'ils trouvaient jolies, parfois des tensions entre la Chine et les États-Unis", assure Zeng. Selon lui, les employés étaient issus de toutes les classes sociales. Leur profil était très diversifié.

L'étudiant explique que si le dortoir donnait accès au Wifi, les employés devaient télécharger des applis sur leur téléphone ou cliquer sur des liens pour obtenir des "pièces" qui servaient ensuite à payer le Wifi.

Interrogé sur ce que pensent ses anciens collègues de leur job, Zeng porte un avis nuancé: "Ils ne le détestent pas mais ne l'aiment pas non plus. C'est juste un travail qui leur donne de l'argent", résume-t-il prosaïquement.

J.M.


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