L’argent liquide va-t-il disparaître ?

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L’argent liquide va-t-il disparaître ?

Message par Admin le Mer 26 Avr - 21:31

Par Théau Monnet mercredi 26 avril 2017 ouest France




Avec l’avènement de nouveaux moyens de paiement, par carte bancaire ou téléphone mobile, un tiers des Européens et des Américains se disent prêts à se passer totalement d’argent liquide. Projection dans une société qui n’aurait plus besoin de porte-monnaie…



Chèques, cartes bancaires, « sans-contact » et désormais applications de paiement par smartphone… L’argent virtuel gagne du terrain. Plus d’un tiers des Européens et des Américains seraient heureux de se passer du « liquide » pour leurs paiements. C’est ce que montre une étude publiée mercredi par le Groupe Ipsos.

Parmi les 14 700 personnes interrogées dans 13 pays européens, aux États-Unis et en Australie : 21 % affirment utiliser « rarement » de l’argent liquide (la France et les États-Unis en tête avec 35 % des personnes interrogées). En 2016, la BCE s’interrogeait d’ailleurs sur l’opportunité d’une telle évolution sociétale. Elle prévoit en tout cas de ne plus imprimer de coupures de 500 € à partir de la fin 2018, pour lutter contre le crime organisé.


(Photo d’illustration : Fotolia)

Une économie moins accessible à la fraude ?

Avec la numérisation totale des paiements, leur traçabilité rendrait plus complexe les opérations illicites (travail au noir, trafic d’être humain, de drogue, d’armes et prostitution). Les activités terroristes seraient aussi touchées puisque leur financement dépend en partie de l’argent liquide, pour la revente de matières premières, pièces détachées, armes et autres produits de contrefaçon. Et on ferait aussi des économies sur les frais consacrés à la traque de la fausse monnaie.

L’affaire des Panama Papers, dans laquelle 415 contribuables français ont été identifiés comme potentiellement fraudeurs, rappelle que, malgré la numérisation de l’argent, les autorités sont encore loin de contrôler parfaitement la circulation, qu’elle soit physique ou virtuelle.


Une société plus sûre ?


Plus rapide pour les paiements quotidiens, certes, mais pas forcément plus sûre. Le paiement sans-contact gagne en popularité : les deux tiers des cartes bancaires françaises en sont équipées, et 10 % des paiements utilisent cette technologie.


Le paiement sans contact avec la carte bancaire commence à se généraliser. (Photo d’illustration : Béatrice Le Grand/Ouest-France)


Elles ne sont pourtant pas imperméables au vol. Les voleurs peuvent pirater une carte sans-contact sans connaître le code, seulement pour un nombre limité de transactions (allant jusqu’à un montant total de 100 € en moyenne). Au-delà de ce quota, il faut à nouveau taper son code pour réactiver le « sans-contact ».

Pour le paiement via smartphone, seul le code du téléphone sécurise l’usage du paiement (dont le montant peut être limité). Et en cas de vol de l’appareil, l’application peut-être désactivée à distance. Pour le sans-contact comme pour les applications de smartphone, les banques affirment rembourser les dommages subis en cas de vol.

De leur côté, avec la numérisation totale des devises, les banques n’auraient pas à prendre en charge les frais de gestions, de stockage et de transport de l’argent liquide.


Les commerçants s’équipent petit à petit de terminaux de paiement pour téléphones mobiles. (Photo d’illustration : Philippe Chérel/Ouest-France)

Une économie mieux régulée ?


Dans une société sans argent liquide, les décideurs auraient les moyens de contrôler l’ensemble du système économique, de stimuler le crédit, l’investissement et donc la croissance grâce à des taux d’intérêt incitatifs. En cas de crise économique, ou de défaut de paiement (d’un état, ou d’un acteur privé), l’autorité aura en revanche toute la liberté de geler les moyens financiers du mauvais payeur, ce qui est déjà le cas pour les grandes transactions internationales depuis des décennies.

En témoigne le cas en Grèce durant l’été 2015. Le pays était opposé à l’UE pour le remboursement de sa dette, c’est pourquoi les avoirs des banques grecques sont restés gelés jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé. Pendant ce temps, la population a fait les frais du désaccord, notamment les citoyens grecs qui n’avaient pas de réserve d’argent liquide. Ces derniers avaient un accès très restreint à leur argent placé en banque, entraînant de longues files d’attentes aux distributeurs, alors qu’ils voulaient simplement retirer de l’argent pour financer leurs achats quotidiens.


(Photo d’illustration : Philippe Chérel/Ouest-France)



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