Pourquoi dort-on mal la première nuit ailleurs

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Pourquoi dort-on mal la première nuit ailleurs

Message par Admin le Mar 4 Juil - 21:15

Publié le 04/07/2017 à 20:50


Bientôt le départ en vacances, quelle chance ! Pourtant, il est fort possible que votre première nuit dans la location de vos rêves ne soit pas aussi bonne que vous l’espériez. Pas de panique : c’est simplement « l’effet première nuit ». En cause, l’hémisphère gauche du cerveau, qui resterait alerte face à un éventuel danger.



Ça y est, le départ en vacances approche : la valise est prête, les billets de train sont achetés, et très bientôt vous attendra un lit douillet à l’autre bout du pays. Une première nuit depuis des mois loin du bureau et de tous les soucis du quotidien. La paix totale, un cadre magnifique, éventuellement une légère brise marine par la fenêtre… Pourtant, il y a de grandes chances que vous n’arriviez pas à bien dormir. Vous mettrez plus de temps que d’habitude à trouver le sommeil qui restera saccadé, et le moindre petit bruit vous réveillera immédiatement. Mais cela ne durera pas : dès la nuit suivante vous retrouverez le sommeil du brave.

Ce phénomène est appelé « l’effet première nuit ». Il est universel, et très répandu chez les personnes qui s’endorment dans un lieu inconnu : en vacances, en voyage d’affaire, chez des amis ou après un déménagement. Au Japon, il possède même son propre dicton : « Changez d’oreiller et vous ne dormirez plus. »


Une posture de défense de l’hémisphère gauche

Le phénomène intrigue les scientifiques depuis sa découverte dans les années 1960. Il a enfin été décrypté. Ce sont des chercheurs américains de l’Université de Brown qui ont découvert l’origine de ce sommeil agité. La cause est attribuée à l’hémisphère gauche du cerveau : il resterait actif en milieu inconnu, prêt à nous réveiller, à la moindre alerte, pour faire face au danger. Avec cet hémisphère en alerte, les dormeurs se réveillent rapidement, et sont actifs plus rapidement au réveil que dans un contexte plus habituel. En somme, notre cerveau nous tient prêts à nous défendre.

Ces résultats n’étonnent pas la sophrologue française spécialiste du sommeil, Caroline Rome : « On a besoin d’énormément de sécurité pour dormir », explique-t-elle, « le sommeil est le moment où on lâche complètement prise, à la fois corporellement et mentalement. » Pour la sophrologue, la découverte arrive à point, après des années à ne pas pouvoir prouver l’évidence : « On arrive maintenant à avoir une imagerie médicale qu’on n’avait pas auparavant. »




Et en effet, les scientifiques américains ont utilisé trois techniques très pointues d’imagerie pour arriver à cette conclusion. En combinant IRM, électroencéphalogramme et magnétoencéphalogramme, ils ont étudié l’activité cérébrale de trente-six volontaires endormis pendant deux nuits consécutives en laboratoire. C’est ainsi qu’ils ont pu observer une suractivité de l’hémisphère gauche du cerveau lors de la première nuit. Superactivité qui s’est résorbée lors de la deuxième nuit au même endroit, où aucune différence entre les hémisphères droit et gauche n’a été détectée.

Les rituels de coucher pour apprivoiser un lieu

Il existe donc une forme d’adaptation dès la deuxième nuit dans un endroit inconnu. « On finit par se sécuriser », explique Caroline Rome. Du moins, dans la plupart des cas. Certains patients, qui souffrent d’insomnie psychophysiologique, se sentent strictement incapables de dormir ailleurs que chez eux. « Ils entretiennent leur insomnie… par la peur même de ne pas réussir à dormir. » À ces patients, Caroline Rome conseille de rester dans une ambiance confortable sans se focaliser sur leur sommeil, en lisant un bon bouquin par exemple.




Quant aux petits impatients qui voudraient dormir bien dès la première nuit des vacances, la clé se trouve dans les rituels. « Le sommeil, c’est quelque chose qui se conditionne. On est conditionné pour dormir quand on entre dans sa chambre. » Et il reste possible de se mettre en conditions pour une bonne nuit ailleurs, en emportant ses petits rituels de coucher. « Les rituels sont importants, ils vont pouvoir aider à l’endormissement. Il faut emmener ailleurs les habitudes qu’on a chez soi. Par exemple quelqu’un qui a l’habitude de lire des bandes dessinées avant de dormir peut garder ce petit rituel pour réussir à bien s’endormir ailleurs. » De quoi tranquilliser ce fameux hémisphère gauche craintif en recréant un contexte familier.

Un cerveau comme les dauphins ?

L’explication de l’« effet première nuit », avec un hémisphère du cerveau en éveil, n’est pas sans rappeler le sommeil si particulier des dauphins et des baleines. Ces mammifères marins n’endorment qu’une moitié de leur cerveau à la fois, en alternant entre les hémisphères gauche et droit. C’est la partie active de leur cerveau qui leur permet de remonter respirer à la surface de l’eau pendant leur sommeil. La question qui reste en suspens, c’est si les humains, eux aussi, alternent l’activité de leurs hémisphères lors de la première nuit en milieu inconnu, ou si seul l’hémisphère gauche reste actif jusqu’au petit matin. Fonctionnerait-on comme les dauphins ? L’étude américaine ne répond malheureusement pas à cette question.



_________________
http://passion-3-roues.centerblog.net/
https://www.facebook.com/patrick.trike
avatar
Admin
Admin

Messages : 8570
Date d'inscription : 07/04/2015
Age : 62
Localisation : cotes d'armor

Voir le profil de l'utilisateur http://lasandalettedeplouha.lebonforum.com

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum