80 km/h | Le Cerema publie son rapport : fort heureusement, le ridicule ne tue pas

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80 km/h | Le Cerema publie son rapport : fort heureusement, le ridicule ne tue pas

Message par Admin le Ven 9 Fév - 22:42

Sommé par les sénateurs de rendre publics les résultats de l’expérimentation de l'abaissement à 80 km/h de la vitesse maximale autorisée sur trois tronçons de routes nationales limitées précédemment à 90 km/h, le Cerema, en charge du test, a finalement publié son rapport. Consternant.


On ne va pas s’étendre longuement sur ce sujet. Nous avons pris connaissance du rapport sur l’expérimentation de l’abaissement de la limite de vitesse à 80 km/h menée par le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema) sur trois tronçons. La lecture du sous-titre "Bilan des observations des vitesses pratiquées" suffit à comprendre à quel point on prend les Français pour des abrutis.

Inutile dès lors d’aller plus loin : si l’étude visait à prouver qu’une baisse de la vitesse autorisée diminue la vitesse moyenne, il n’était pas nécessaire de dépenser l’argent des Français. Un enfant de deux ans a compris que l’eau, ça mouille. Et peut-être même que le feu, ça brûle.

La Palice, sort de ce corps !


Mais comme Philippe Bas, sénateur LR de la Manche et Président du groupe de travail sénatorial contre l’insécurité routière, l’a proposé aux membres des deux commissions rassemblées pour écouter les arguments de la sécurité routière pour justifier le passage des routes secondaires à 80 km/h, celle des lois et celle de l’aménagement du territoire et du développement durable, à l'endroit d'Emmanuel Barbe, le délégué interministériel à la sécurité routière, laissons au Cerema une chance de nous convaincre.

Au bout de 25 longues pages qui laissent planer un certain nombre de doutes (pourquoi avoir choisi ces tronçons par exemple ? Pourquoi ne pas avoir annoncé l’existence d’un quatrième tronçon qui a valeur d’étalon mais dont on ne révèle pas la longueur ?), omettent de stipuler des infos essentielles (les travaux d’aménagement des tronçons pour les rendre plus sûrs par exemple), présentent une méthodologie pour le moins surprenante (7 mois de relevés sur les 2 ans d’expérimentation !), ou avouent des dysfonctionnements (des incidents avec les équipements de mesure les ont obligé à « redresser les chiffres de mai 2017 »), on n’apprend absolument rien concernant ce qui aurait pourtant dû être la pierre angulaire de toute cette étude : y a-t-il eu moins de morts ?  

Un ramassis de poncifs


Une fois ce rapport refermé, difficile de ne pas se sentir trahi. Voilà les deux affligeantes conclusions que l’on peut y lire : « A une baisse de la vitesse limite autorisée correspond une baisse des vitesses pratiquées. » et « La vitesse autorisée a une incidence significative sur les vitesses pratiquées ».

En bref, ces deux ans d’expérimentation du 80 km/h au lieu de 90 km/h (dont on aimerait beaucoup connaître le coût) nous apprennent que les voitures ont roulé moins vite et que ça n’a pas eu l’air de poser de soucis majeurs : pas de peloton formé derrière des camions, pas de report de circulation sur d’autres axes, mais qu’au contraire maintenant « plus de conducteurs sont ainsi en mesure de choisir la vitesse à laquelle ils souhaitent circuler. »

Non mais c’est une blague ? Ce rapport devait justifier l’abaissement de la vitesse autorisée sur 400.000 kilomètres empruntés chaque jour par des millions de Français pour sauver des vies !

Combien de vies épargnées ? Mystère !


Les trois tronçons avaient été choisi pour leur dangerosité en prenant l’exemple de la RN57 et ses 119 accidents mais comme l’expliquaient très bien nos confrères d’Auto Plus mercredi dernier : « Certes, 119 accidents, mais sur dix années passées, dont 29 sur la portion concernée par la limitation. Sur ces 29 accidents : 11 décès et 43 blessés. En cherchant à se rapprocher des causes et facteurs de ces accidents, on découvre, constatations de police à l'appui, que 45 % des conducteurs tués étaient sous l'emprise de stupéfiants et/ou d'alcool, et que l'endormissement compte pour près de 20 % d'entre eux. Sur le total des 54 victimes (blessées ou tuées), la vitesse excessive n'est pointée du doigt par les forces de l'ordre qu'à raison de 28 % des cas. » Partant de ces chiffres, cela fait en moyenne 4,3 blessés et 1,1 mort par an sur ce tronçon.

Les bonnes questions à se poser maintenant sont donc : l’abaissement de la vitesse sur ce tronçon pris pour exemple a-t-il permis de réduire le nombre d’usagers de la route sous l’emprise de stupéfiant ou d’alcool ?
A-t-elle permis de maintenir plus d’automobilistes, routiers ou motards éveillés ?

https://www.motoservices.com/actualite-auto/rapport-experimentation-80-km-h-cerema-ridicule.htm
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