Ce ver parasite mortel migre vers l’Europe

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Ce ver parasite mortel migre vers l’Europe

Message par Admin le Mer 11 Juil - 21:40

par Fabrice BERNAY  ouest france 11.07.2018


Responsable de la fièvre de l’escargot, qui touche 200 millions de personnes dans le monde, le schisostome inquiète les chercheurs. Très présent dans l’hémisphère sud, responsable de dizaines de milliers de morts par an, ce ver pourrait s’acclimater à l’Europe.

Peut-être n’avez-vous jamais entendu parler de bilharziose ou de schistosomiase. Derrière ces deux termes barbares, se cache une seule et même maladie, mortelle, qui touche plus de 200 millions de personnes dans le monde, également appelée fièvre de l’escargot. Traditionnellement présente dans l’hémisphère sud, elle pourrait très vite s’accommoder du climat européen. Depuis 2011, elle est régulièrement détectée en Corse, et cela pourrait n’être qu’un début.


Les pays touchés par la bilharziose dans le monde, en 2016. En rouge, les zones d’endémie. (Illustration : Percherie/CC)

Selon l’organisation mondiale de la santé (OMS), au moins 206,4 millions de personnes dans le monde (en 2016, dont 92 % en Afrique), nécessiteraient un traitement contre la schistosomiase. Il s’agit de la deuxième endémie parasitaire mondiale, derrière le paludisme.

Difficile à évaluer, le nombre de morts par an était évalué à 200 000 par l’OMS, en 2000. Mais ce chiffre a dû considérablement baisser depuis, à la suite des campagnes de prévention mises en place. La bilharziose touche principalement les populations pauvres d’agriculteurs, d’enfants et de pêcheurs, contaminées par une eau douce infectée.

Un garçon philippin âgé de 11 ans, victime d’épanchement abdominal à la suite d’une contamination à la schistosomiase. (Photo : Flickr/CC)

Des milliers d’œufs par jour

Cette maladie parasitaire est due à un ver, le schistosome. Plat, il mesure de 8 à 25 mm, selon son genre. Les vers élisent domicile dans des mollusques d’eau douce, où ils se multiplient. La forme larvaire du schistosome infecte l’eau, puis pénètre la peau des humains qui s’y baignent, ou y lave leur linge

Une fois dans le corps, la larve se développe, jusqu’à sa taille adulte. Là, le ver femelle colonise les vaisseaux sanguins, migre vers la vessie (pour l’une de ses espèces) et produit des centaines de milliers d’œufs, qui déclenchent des réactions immunitaires : diarrhées, sang dans les selles, douleurs abdominales, fièvres, cancer de la vessie voire lésions du système nerveux central… parfois jusqu’à la mort.

Présent en France

En 2011, c’est la stupéfaction : le ver, absent d’Europe depuis les années 1970, y refait son apparition… en Corse. En 2013, rebelote : des personnes qui se sont baignées dans la rivière du Cavu, un parc naturel très touristique au sud-est de l’île, présentent des troubles de l’appareil urinaire. 110 personnes sont touchées, selon les chiffres de l’Agence régionale de santé (ARS) de Corse, sans développer une forme grave de la maladie. En 2014, le site est fermé, puis rouvert en 2015. De nouvelles personnes sont alors touchées.

Comment expliquer son arrivée en Corse ? Toujours selon l’ARS, l’hypothèse la plus probable serait qu’une personne contaminée, originaire d’une zone touchée par la maladie (le Sénégal), aurait uriné dans l’eau, contaminant les bulins (mollusques) du site, qui ont à leur tour contaminé les baigneurs. Le site est désormais suivi de très près par la préfecture et les autorités sanitaires, qui ont multiplié les actions de prévention pour endiguer la contamination.

Mais celle-ci pourrait s’étendre dans d’autres régions d’Europe, pour plusieurs raisons : d’abord, les parasites recueillis dans la rivière du Cavu ont évolué vers des formes hybrides, compatibles avec une contamination des bovins. Ils pourraient donc, à terme, se modifier pour contaminer de plus en plus d’espèces européennes.


Un poster destiné à la prévention contre la fièvre de l’escargot, aux États-Unis, datant de 1945. (Illustration : National Library of Medicine/Flickr)

Les chercheurs alertent

Ensuite, les différentes migrations humaines pourraient contribuer à diffuser la maladie, avec l’arrivée de personnes originaires d’Afrique tropicale ou subsaharienne, dans divers pays du continent européen.

Dans un article publié en juin 2015 sur le site du CNRS, une équipe européenne de chercheurs spécialistes des infections pathogènes alerte les autorités. « Les gouvernements, les organismes de recherche ainsi que les agences de financement doivent considérer la nécessité d’investir dans la recherche sur les maladies liées aux mollusques vecteurs. Il ne s’agit plus d’un risque d’introduction en Europe en raison de changements climatiques et globaux. L’introduction s’est produite. »

Dans un article publié le 28 juin dans The Conversation, Karl Hoffmann, professeur de parasitologie à l’université d’Aberystwyth (Pays-de-Galles), tire lui aussi la sonnette d’alarme. « Le médicament Praziquantel a été développé dans les années 1970. Il est sûr, peu cher et facile à digérer. Mais à cause de ses qualités, aucun effort n’a été fait dans la recherche de nouveaux médicaments (contre les vers plats, N.D.L.R.) depuis 20 ou 30 ans. Cela pourrait représenter un réel danger si les schistosomes devenaient résistants au Praziquantel. »

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