Pour aller toujours plus vite, on les rend grabataires » : lettre des infirmières du CHU de Grenoble

Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet

Aller en bas

Pour aller toujours plus vite, on les rend grabataires » : lettre des infirmières du CHU de Grenoble

Message par Admin le Dim 12 Aoû - 10:23

27 juillet 2018

Alerte. Les infirmières et infirmiers du CHU de Grenoble font part de leur désespoir dans une lettre ouverte à destination de leur direction mais également de la France entière et des autorités. La situation critique qu’ils et elles décrivent en EHPAD et USLD fait froid dans le dos. La dynamique managériale appliquée aux soins de santé – où le chiffre passe avant tout – s’attaque au sens même du travail d’infirmier, rendant les soins de moins en moins efficaces, éventuellement, au profit du secteur privé. Selon eux, le danger pour les patients est manifeste et les accidents risquent de se multiplier. Les hôpitaux, une entreprise comme les autres ?

« Lettre à la direction du CHU de Grenoble Alpes concernant la situation catastrophique en gériatrie » (Soins de Longue Durée et EHPAD)

Ceci est un cri d’alarme, un cri de désespoir, car nous n’avons plus le temps. Nous n’avons plus le temps de soigner ni de prendre soin, nous n’avons plus le temps d’exercer notre métier. En tant que soignants, nous sommes en première ligne. Nous subissons nous meme et voyons les patients subir les conséquences délétères de la politique du chiffre qui est menée partout au CHU. L’EHPAD et le SLD sont des lieux de vie, les gens qui y vivent y subissent au quotidien, et ce jusqu’à leur mort, les conséquences de cette politique gestionnaire.


Régulièrement, mes collègues se retrouvent seul infirmier·ère pour 40 résidents. Avez-vous une idée de ce que cela signifie de travailler dans ces conditions ? À l’aide d’un calcul simple on se rend compte que, sur un service de 7h30, une fois retirées les 30 minutes de transmissions orales, il ne reste à l’ infirmier·ère que 10,5 minutes par patient.

Mais ces 10,5 minutes ne sont meme pas du temps de présence consacré à chaque patient, car il faut déduire le temps que l’infirmier·ère passe à : Vérifier les prescriptions, piler les médicaments si nécessaire (environ 1/4 des patients), valider les actes dans le logiciel, faire les transmissions avec le médecin, préparer les perfusions, faire les transmissions écrites, gérer les imprévus, répondre au téléphone et aux familles, ranger la pharmacie, etc.

La situation des aides-soignants.es n’est pas plus enviable, d’autant plus que si l’infirmier·ère n’a que peu de temps pour réaliser les soins qui lui sont propres alors il/elle n’en n’aura pas pour réaliser les soins d’hygiène et de confort avec les aides-soignants.es.

Les conséquences de ce manque de temps sur les patients ? De la douleur et de la souffrance provoquées par des gestes trop rapides des soignants, une douche par semaine au mieux, des pansements non renouvelés à temps, des escarres qui se développent par manque de temps avec les patients pour les mobiliser, des résidents réveillés très tot pour pouvoir finir nos tours de soin, au détriment de leur santé et de leur confort, des pertes d’autonomie accélérées par manque de temps pour les accompagner dans les gestes de la vie quotidienne, gestes qu’on fait à leur place pour gagner du temps. Pour aller toujours plus vite, on les rend grabataires. Même d’un point de vue purement comptable cela n’a pas de sens : une fois grabataires, ces patients nécessitent encore plus de temps et de moyens.

Si on ne se fie qu’aux plannings, si on ne se fie qu’aux actes de soin dont la case « validé » a bien été cochée, alors on pourrait penser (le pensez-vous d’ailleurs?) que tout va pour le mieux puisque « le travail est fait ». Alors oui, les cases, sont bien cochées, les médicaments sont donnés, les corps sont lavés mais à quel prix ? Au prix d’une maltraitance institutionnalisée qui est dirigée bien évidement contre les patients mais également contre les soignants qui se voient, malgré eux, collabo de cette politique du chiffre.

Ce sont nous, les ouvriers du soin, qui en arrivons, malgré nous, à maltraiter ces corps, à malmener ces gens pour qui le quotidien de leurs dernières années consiste à ne croiser que des personnes pressées, des personnes stressées qui n’ont pas le temps de prendre soin d’eux correctement.

Le jour où il y aura des morts, des morts prématurées, chez les patients comme chez le personnel, ce jour-là il faudra assumer, c’est à dire répondre de vos actes et en accepter les conséquences. Je dis cela non comme une menace mais comme une triste prémonition d’une conséquence de la politique actuelle.

Aujourd’hui, quelques voix se lèvent mais globalement pourquoi ca continue de tourner ? Tout simplement parce que les principaux intéressés n’osent rien dire :

– Les patients sont bien souvent trop faibles pour dire quoi que ce soit et quand bien même : seraient-ils entendus ?


– Les familles quant à elles, se plaignent régulièrement auprès des soignants mais ne vont pas plus haut dans la hiérarchie, et de toute facon, ont elles d’autres choix : qui est capable d’assumer à domicile un parent grabataire ? L’institution est pour eux la seule solution.

– Enfin, les soignants : complices malgré eux, ont bien souvent honte ou alors sont résignés. Épuisés par les efforts permanents qui leurs sont demandés (finir en retard, faire des heures supplémentaires, revenir sur les jours de repos, travailler en 12h, faire des « soirs-matins »…) et lorsque la colère éclate, malheureusement elle ne dépasse que rarement les murs des offices de soin.

Aujourd’hui, si je vous écris cette lettre, c’est parce que je ne me reconnais plus dans la soignante que l’institution me force à etre et je ne supporte plus l’impact que cela a sur ma vie. Je souhaite qu’un jour, je n’aille plus travailler en gériatrie avec « la boule au ventre » mais avec plaisir. Plaisir généré par la satisfaction de prendre soin, la satisfaction de faire le travail que j’aime et de le faire bien, la satisfaction d’apporter un peu de sourire, un peu de bonheur à ces personnes qui vivent leurs dernières années.

On ne compte plus les arrets de travail et les départ pour Burn-out, vous poussez le personnel à bout en ne leur donnant pas les moyens d’exercer leur métier correctement. Métier exigeant qui demande de l’attention et des responsabilités, la spécificité de chaque service requiert une expertise qui n’est plus reconnue. Le recours massif à l’interim le montre bien et crée un désengagement de la part du personnel.

Je ne cherche pas votre compassion, je ne me bats pas pour mon confort mais pour défendre un traitement digne des patients, une qualité de soin, cette meme qualité qui fait tant votre fierté lorsqu’on voit apparaitre le CHUGA dans le classement des meilleurs hôpitaux. Cette qualité dont vous vous vantez mais qui est illusoire, à force de réduction de personnel, elle n’existe plus l’hôpital et en gériatrie encore moins qu’ailleurs.



avatar
Admin
Admin

Messages : 10855
Date d'inscription : 07/04/2015
Age : 63
Localisation : cotes d'armor

Voir le profil de l'utilisateur http://lasandalettedeplouha.lebonforum.com

Revenir en haut Aller en bas

a PATRICK

Message par lecesne monique le Mer 15 Aoû - 17:22

BONJOUR PATRICK je confirme que cette aide soignante dit**voici mon qu' a personnel mon mari atteint d' un cancer a etait mis sous traitement macrogol c' est ce qui remplace la dit antalvique ces medicaments son sous haute surveillance hors le madrogol à forte dose a des effets qui conduise à la folie mon mari en avait jusqu' à 400 mg par jour ayant prix conscience qu il devenais anormal avec des allucinations comportement dereglé j' ai demandé que son traitement sois changer refus du medecin j' ai tenu tete et me suis mis en colére alors elle a fini par accepter au lieu d ' un 150 le soir de mettre un 50 je suis sortit de baclesse pas satisfete je suis allez voir mon pharmatient et en accort avec lui j' ai decidé de donner 1 macrogol 100 le matin et 1 magrogol 50 le soir et si mon mari me le demandé 1 doliprane de temps en temps et cela va beaucoup mieux mais comme mon mari est en soin paliatif ** baclesse nous a dit qu' il ne peuve plus rien pour lui etant nourrie par sonde il voulait le debrancher et si la souffrance devenait trop forte il proposé de le mettre dans le comat j ' ai refusé cela est avec laide des infirmiers qui viennent 3 fois par jour et soutenu par mon medecin nous avons pris le relait mon mari restera nourris par sonde tant que lui meme le voudra il est tres lucide et en accord avec la famille il es soigné et dorloté baclesse ne veux plus de lui **mais nous nous ne baiserons pas les bras **voila patrick ou nous en somme aujour' hui droguer les patients pour qu 'ils dorment à longueur de journnée cela est vrais à baclesse mon mari erré dans les couloirs il ne savais plus ou il etait ni ce qu' il faisait avec le changement de traitement à la maison il est paisible et malgres sa maladie il dialogue avec nous normalement voila tant qu il y a de la vie l espoir est en nous bonne soirée MONIQUE **

lecesne monique
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Pour aller toujours plus vite, on les rend grabataires » : lettre des infirmières du CHU de Grenoble

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet
 
Permission de ce forum:
Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum