« Ma locataire est partie, j’ai récupéré ma maison totalement dévastée »

Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet

Aller en bas

« Ma locataire est partie, j’ai récupéré ma maison totalement dévastée »

Message par Admin le Mer 22 Aoû - 20:43

Par Patrick GUYOMARD  ouest france


Corpe est un joli village situé au cœur du canton de Mareuil, en Vendée. Souria y est propriétaire d’une charmante bâtisse ancienne, nichée à deux pas de l’église, qu’elle propose à la location depuis des années. Mais cet été, après le départ de la dernière locataire, ça a tourné au cauchemar.


Ce dimanche 29 juillet, quand elle pousse la porte de la demeure, Souria est tétanisée. « Je me suis retrouvée au milieu d’amas d’immondices. Tout avait pourri. »

La maison abritait une vingtaine de chats. « Là, il y avait des rats crevés… Bref, j’ai récupéré ma maison totalement dévastée. C’était une poubelle géante. » Le jardin est dans un état de friche abominable.

« Les voisins m’ont soutenue »

Une voisine se souvient de la propriétaire, ce jour-là : « On l’a aperçue dans la rue, elle était complètement sonnée. » Souria confirme : « J’étais dans une détresse incroyable. Heureusement que les voisins m’ont soutenue, sinon je plongeais. Je les remercie du fond du cœur. »

« On a retiré des centaines de kilos d’ordures en tout genre, souffle un voisin. C’est le genre de situation extrême que l’on voit uniquement dans les émissions de télé. Mais quand ça se produit à votre porte, ça vous secoue… » Depuis trois semaines, la ruelle de l’église est le théâtre d’un ballet de remorques. « On ne compte plus les navettes à la déchetterie. »

Syndrome de Diogène

Une autre voisine évoque le syndrome de Diogène, ce trouble du comportement qui conduit à des conditions de vie négligées, voire insalubres, lié à une forme extrême d’accumulation compulsive. « Outre l’accumulation de déchets, nous avons retrouvé un tas d’objets neufs non déballés, un nombre incalculable de jouets… »

La locataire résidait là depuis neuf ans avec ses deux enfants. « Les premières années, tout se passait bien. Et puis, elle a cessé de payer ses loyers depuis un an. Ces derniers mois, la maison était tout le temps fermée », ajoute une voisine. La dame sortait rarement, tête baissée, en longeant les murs… »

« Une immense détresse »


Après le constat du saccage de sa maison, Souria a d’abord eu de la colère. « Mais avec le recul, je réalise que ma locataire était dans une immense détresse. Elle devait beaucoup souffrir pour se retrouver dans une telle situation. Je suppose qu’elle était en mode survie dans cette maison. »

Elle est partie en laissant derrière elle sa vie intime : vêtements, photos de familles… Ils ont été mis de côté.



La cuisine telle que Souria l’a découverte. (Photo : DR)

Aujourd’hui, le déblayage est terminé, et le constat était prévisible : les sols, les murs, les plafonds, tout doit être rénové. « Nous allons demander des devis aux artisans, mais mon assureur n’est pas décidé à les prendre en charge les dégâts. On est dans une impasse, s’inquiète Souria. Qui peut aider les bailleurs qui se retrouvent dans une telle situation ? »


« Peu de recours pour le bailleur »


Dans le cas de loyers impayés, une procédure d’expulsion peut prendre entre 18 et 24 mois. « Mais sur les problématiques liées à l’incurie, c’est beaucoup plus délicat, il y a peu de recours pour le bailleur, confirme Didier Lebras, président de l’Adil 85, Agence d’information sur le logement. Pour le nettoyage et les travaux de remise en état du logement (peintures, petites réparations), il n’y a aucune aide possible. Les assurances interviennent uniquement en cas d’incendie, ou de dégât des eaux. »

Outre le fait de retenir la caution, le bailleur peut poursuivre le locataire sur ses fonds personnels, mais seulement si celui-ci est solvable. « Des aides peuvent être débloquées, mais uniquement en cas de dégradations qui mettent en péril la structure l’immeuble (dégradation volontaire de la toiture, de la plomberie, etc.) », précise Didier Lebras.

Chaque année en Vendée, la Direction départementale de la cohésion sociale (DDCS) relève une centaine de situations d’incurie (non-entretien de l’habitation) sur 60 000 logements locatifs. « Techniquement, le Département ne peut en traiter que 50 %, explique Didier Lebras. Ces situations peuvent dégénérer jusqu’au syndrome de Diogène qui se traduit par un amoncellement d’immondices. Les personnes touchées, en majorité des hommes seuls, souffrent de pathologies psychiatriques, d’alcoolisme… »
avatar
Admin
Admin

Messages : 10851
Date d'inscription : 07/04/2015
Age : 63
Localisation : cotes d'armor

Voir le profil de l'utilisateur http://lasandalettedeplouha.lebonforum.com

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum