Dates de péremption. Réformer pour lutter contre le gaspillage ?

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Dates de péremption. Réformer pour lutter contre le gaspillage ?

Message par Admin le Ven 12 Oct - 20:17

Publié le 12 octobre 2018 à 09h56 Modifié le 12 octobre 2018 à 10h2

François Destoc)

Les dates de péremption, mises en place pour prévenir tout risque sanitaire, suscitent la confusion chez certains consommateurs au point de contribuer à 20 % du gaspillage dans les foyers, et certains appellent à les réformer.

« À consommer de préférence avant » (Date de durabilité minimale, DDM), « À consommer jusqu’au » (Date limite de consommation, DLC) : ces formulations ne sont-elles pas dépassées, s’interroge Rose Boursier-Wyler, de l’application mobile « Too Good to Go » ?


https://youtu.be/ZLTI88hUjWk


Lancement d’une pétition

Cette appli anti-gaspillage, qui vise à « sauver » à prix réduit des repas qui seraient sinon jetés à la poubelle, a décidé de s’attaquer au problème de la « crédibilité » et de la « légitimité » de ces mentions, réglementées au niveau européen. Une pétition,https://www.change.org/p/tous-responsables-du-gaspi-demandez-%C3%A0-vos-marques-pr%C3%A9f%C3%A9r%C3%A9es-de-s-engager-changetadate intitulée #ChangeTaDate, vient d’être lancée à destination des industriels et des distributeurs pour « qu’ils clarifient leurs dates de péremption », explique sa fondatrice, Lucie Basch.

Alors que la France célébrera, mardi, la 5e Journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire, http://agriculture.gouv.fr/5e-journee-nationale-de-la-lutte-contre-le-gaspillage-alimentaire« Too Good to Go » organisait, ce jeudi, à Paris, une table ronde avec différents acteurs de la chaîne alimentaire. Avec pour objectif d’écrire une « feuille de route » pour le gouvernement qui doit, dans le cadre de la loi Alimentation votée dernièrement, publier un rapport dans un an sur l’harmonisation de ces dates.


Dans les années 50-60, les intoxications alimentaires faisaient encore des milliers de morts en France. Dès que le pays a « retrouvé son autosuffisance alimentaire, l’État a décidé de réglementer », explique Jean-Charles Catteau, consultant indépendant.

Malgré la levée de boucliers des industriels de l’agroalimentaire, les dates de péremption ont été appliquées en 1984… et parfois apposées sur des produits non-périssables !


Consommateur « conditionné »


Mais « le consommateur est tellement conditionné par ces dates » qu’il finit par être « piégé » et ne fait plus appel au bon sens pour savoir si un produit est périmé ou pas, estime Jean-Charles Catteau, pour qui il faut « les repenser ».

Un avis rendu par la Commission européenne en 2011 avait évalué à 20 % le gaspillage alimentaire des foyers dû à une mauvaise compréhension de ces dates.

Trois critères

Concrètement, comment sont-elles définies ? « Dans nos laboratoires, nous faisons des tests de vieillissement accéléré pour voir comment le produit se comporte », indique Claire Meunier, de chez Coca-Cola, en tenant compte de trois critères : la dimension sanitaire (absence de bactéries), la qualité (le goût) et les propriétés intrinsèques (vitamines, minéraux).

Mais « pourquoi certains produits sont-ils en DDM et d’autres en DLC ? Pourquoi, quand on mange un yaourt après la date, n’est-on pas malade ? », interroge Anne Legentil, pour l’association Familles rurales.

Loin d’être supprimées, ces dates doivent apporter « une véritable information » aux consommateurs, dit-elle. D’où l’idée de les simplifier et d’utiliser la traduction de l’anglais « Best before » (« Meilleur avant »), comme le préconise également Carrefour qui, dès 2014, a modifié ou supprimé les dates de consommation de 500 de ses produits à marque propre.


« Recréer de la valeur »

Par exemple, « on a allongé la DLC de cinq à dix jours sur certains produits frais ou d’épicerie, tel le yaourt qui est passé de 23 à 30 jours, et enlevé la DDM sur d’autres », comme le vinaigre, le sel ou le sucre, explique Bertrand Swiderski, directeur RSE (*) du groupe. Et qu’on ne dise pas à ce cadre dans la distribution que l’allongement des dates de péremption réduit « la rotation des produits » : « C’est un faux problème », réplique-t-il.

« Allonger les dates de péremption, c’est lutter contre le gaspillage, c’est recréer de la valeur tout au long de la chaîne alimentaire », fait-il remarquer.


Ce combat ne se fera qu’au niveau des citoyens


Autre piste de réflexion : que faire d’un aliment une fois ouvert ? « Qui se souvient de quand il a ouvert son pot de sauce tomate avant de le mettre au frigo ? », lance Anne Legentil, qui milite pour que les industriels « laissent un espace sur l’étiquette pour que le consommateur y écrive » la date d’ouverture du produit. Mais « ceci a un coût d’amortissement qui se répercutera forcément à un moment ou un autre dans la chaîne alimentaire », souligne Jean-Charles Catteau. De toutes les façons, conclut Anne Legentil, « ce combat ne se fera qu’au niveau des citoyens ».

* Responsabilité sociale des entreprise

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Re: Dates de péremption. Réformer pour lutter contre le gaspillage ?

Message par Admin le Ven 12 Oct - 20:27

Gaspillage alimentaire. Une facture salée

Publié le 16 décembre 2017

16 milliards d'euros, c'est ce que la France gaspille chaque année en alimentation : le député PS de la Mayenne Guillaume Garot, auteur d'une loi sur le sujet en 2016, entend «accélérer» le combat contre ce phénomène.

1. Que représente le gaspillage alimentaire ?


« Aujourd'hui, plus d'un tiers de la production alimentaire totale sur la planète est perdu, jeté, gaspillé chaque année », rappelle Guillaume Garot, auteur d'une loi de lutte contre cette gabegie votée en 2016. En France, on gaspille l'équivalent de 16 milliards d'euros chaque année. « Chacun de nous jette 20 à 30 kg de nourriture par an, dont 7 kg de produits toujours emballés », dénonce l'ancien secrétaire d'État de l'agroalimentaire, qui préside l'atelier 10 des États généraux de l'alimentaire.

« Nous sommes sept milliards d'êtres humains aujourd'hui, nous serons neuf milliards en 2050. Si vous voulez nourrir neuf milliards d'individus avec la même planète, il faut commencer par ne plus gaspiller », ajoute Guillaume Garot.

2. La loi de 2016 porte-t-elle ses fruits ? « Nous devrons, dans les semaines qui viennent, faire un bilan très précis de l'application de la loi, mais ce que nous disent aujourd'hui les associations de solidarité (banques alimentaires, Restos du Coeur, Secours populaire) c'est que le volume des dons a augmenté de façon significative. Les premiers chiffres qui nous sont revenus, montrent une augmentation de 20 à 25 % », affirme M. Garot.

La loi, qui a posé le principe de l'interdiction pour les grandes surfaces de détruire de la nourriture consommable, a, selon son auteur, déjà permis de gommer certaines disparités entre territoires.

3. Quelles sont les principales propositions de l'atelier ? Parmi les 23 propositions transmises au gouvernement, une mesure phare : faire de la restauration collective, une « actrice de la lutte contre le gaspillage alimentaire », pour « généraliser le don de repas préparés mais non servis aux associations de solidarité ».

Autre proposition : créer dans le primaire et le secondaire « un parcours éducatif à l'alimentation et à la lutte contre le gaspillage ». « Comment on produit ? Comment on conserve les aliments ? » seraient quelques-unes des notions transmises aux enfants. Pour promouvoir la lutte contre le gaspillage, une autre proposition vise à créer « un label contre le gaspillage alimentaire », que ce soit pour un restaurant, un maraîcher ou une grande surface.

4. Comment seraient financées ces mesures ? Guillaume Garot propose d'affecter une partie de la TGAP (Taxe sur les activités polluantes imposée aux industriels) aux projets de lutte contre le gaspillage alimentaire. « Ce que nous proposons, c'est d'affecter 50 millions d'euros par an pour le financement de ces actions sur l'ensemble du territoire national », conclut Guillaume Garot.



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