Charles Frankel. L’ami des astronautes qui ont marché sur la Lune

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Charles Frankel. L’ami des astronautes qui ont marché sur la Lune

Message par Admin le Lun 22 Oct - 21:06


"First man", avec Ryan Gosling, vient d’alunir dans les salles obscures. Le film célèbre ce petit pas pour Neil Armstrong qui avait provoqué sur terre un grand bond dans les imaginaires. Notamment dans celui d’un jeune Franco-américain : le Morbihannais Charles Frankel a depuis côtoyé et lié amitié avec la plupart des explorateurs de l’infini. Il en témoigne dans un livre passionnant : "L'aventure Apollo ; comment ils ont décroché la Lune".

« J’avais 13 ans quand l’homme a marché sur la Lune ». Évidemment, c’est le genre d’événement qui marque. Même à une époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, où les infos se glanaient l’oreille collée au poste de radio... Après s’être posé en 1956 sur terre, à Boston, guidé par un équipage composé d’une mère américaine et d’un père français, Charles Frankel a grandi avec les yeux levés vers l’infini et au-delà. « Enfant, j’étais déjà fasciné par la conquête spatiale. J’avais mené mes propres expériences en bidouillant des feux d’artifice et en envoyant des souris explorer les étoiles… Enfin, en les expédiant plutôt à une dizaine de mètres du sol. Les pauvres… Je me souviens aussi que j’avais accroché dans ma chambre les photos des premiers vols spatiaux. Et plus tard, j’avais eu la chance de visiter la Nasa, Cap Kennedy, à Houston, après avoir gagné un concours sur le thème : "Comment mettre l’espace au service des hommes ?" ».

L'homme qui a fait rire Armstrong

À l’époque, le jeune homme navigue entre la France et les États-Unis. Il n’imagine pas qu’il croisera la route de ses héros. Mais tout est déjà écrit dans les étoiles. Comme cette improbable rencontre avec le duo légendaire d’Apollo 11. « Neil Armstrong était considéré comme quelqu’un de très réservé, de secret ». Mais Charles peut se targuer d’avoir déverrouillé les zygomatiques du « First man ». « C’était au salon du Bourget, moins d’un an avant le vol historique ». Alors encore plus ou moins incognitos (si ce n’est pour quelques passionnés, dont Charles), Neil Armstrong était en France avec Buzz Aldrin. « Je vois les deux hommes qui s’avancent dans l’allée. Personne ne semblait trop les reconnaître. Pour ma part, j’étais vraiment impressionné. De stupeur, je suis tombé devant eux. Et Armstrong a éclaté de rire ».

  Hi, Buzz Aldrin speaking ! (Buzz Aldrin à l’appareil !)


Un petit pas de travers pour Charles avant le grand bond, quelques années plus tard. Cette deuxième approche intervient à son retour aux États-Unis, après un baccalauréat en mathématiques obtenu en France. Charles est étudiant au Middlebury college, dans le Vermont, où il se spécialise en géologie et tectonique des plaques. Les pieds sur terre, mais toujours la tête un peu dans la Lune, il se lance avec le scientifique et journaliste Albert Ducrocq dans un projet un peu dingue. « En 1978, il a organisé à Lyon un grand rassemblement d’astronautes et de cosmonautes. Albert m’avait mis au défi d’en réunir quelques-uns. C’était un truc insensé, j’avais décroché dans mon petit carnet quelques adresses d’astronautes. Et dans ma résidence universitaire, mes voisins de palier interceptaient sur le seul téléphone placé dans le couloir des coups de fil d’astronautes. Alan Shepard (premier Américain dans l'espace après le Russe Youri Gagarine et cinquième homme sur la Lune, commandant d'Apollo 14) ou "Buzz Aldrin à l’appareil !". Certains pensaient que c’était une blague ».


Des idoles, des amis


Charles obtient l’adhésion d’une vingtaine d’astronautes à la retraite pour participer à ce rassemblement… Mais retient l’attention d’une aussi célèbre que discrète agence. « J’ai rencontré un monsieur de la CIA, très poli, qui se demandait pourquoi un étudiant voulait réunir tous leurs anciens astronautes ». La réunion de Lyon est un succès. Charles rencontre ses idoles, les Pete Conrad (troisième homme sur la Lune, commandant d'Apollo 12), Alan Shepard, - « le capitaine de glace, un homme très impressionnant qui terrorisait la plupart des astronautes… et me laissait ses notes au bar » -, Richard Gordon (Apollo 12), David Scott (Apollo 15), Harrison Schmitt (Apollo 17)… Qui deviendront ses amis.

n 1991, Charles expliquant à son ami Pete Conrad comment piloter une Alouette

Lui continue d’assembler les étages de sa propre fusée, mais revient sur terre en 1980. « Ronald Reagan arrive et c’est la cata. Le programme spatial prend une direction militaire, c’est le début de la guerre des étoiles. J’avais commencé une thèse en imaginant une sonde qui pourrait explorer Vénus, et j’espérais postuler comme spécialiste de missions sur la navette spatiale. Le gel de l’exploration spatiale a reporté mon projet (la sonde s’envolera finalement 10 ans après) ».

   La NASA a créé une base pour simuler les conditions de la vie sur Mars. J’ai été sélectionné pour y participer


Charles Frankel prend donc une autre direction et devient une référence dans son domaine. Il part d’abord se former au cinéma à New-York et monte sa boîte de prod à Paris, Sirius films, avec laquelle il réalisera un premier documentaire avec Arte. À partir de 1993, il rédige des ouvrages sur la géologie et l’exploration des planètes. Et il prend finalement la direction de… Mars. « En 2001, la Mars society, en accord avec la NASA, avait décidé de créer une base pour simuler les conditions de la vie sur Mars. Et j’ai été sélectionné pour y participer ». Le géologue passe deux semaines « en condition » dans l’Arctique. Puis remet ça en 2002, sur une nouvelle base installée dans l’Utah. Cette fois comme commandant de bord.


Charles effectue des relevés extraterrestres... dans le cadre d'une simulation à Devon Island dans l'Arctique

De Mars à Landaul (près d'Auray), il n’y a qu’un saut de navette spatiale et Charles, avec son épouse, s’installe dans le Morbihan où il trouve « la maison impossible qu’on cherchait ». C’est l’endroit qu’il a choisi pour écrire son dernier ouvrage (le 16e), "L’aventure Apollo", sorti chez Dunod au début du mois. Avant de fêter dans quelques mois le 50e anniversaire des vols Apollo, le géologue explorateur y fait le récit de l’épopée Apollo.
Décrocher enfin la Lune ?

Charles n’a jamais quitté des yeux la Lune, qui est redevenue un objectif pour les Américains, les Russes, « mais aussi, dans le plus grand secret, pour les Chinois ». Le trublion Elon Musk a donné un coup d’aiguillon à l’exploration spatiale avec ses annonces spectaculaires. Charles s’en réjouit et se repose quelques questions. La possibilité de franchir la dernière frontière, par exemple. « Un milliardaire japonais vient d’acheter des places à bord du vol programmé autour de la Lune par Elon Musk. Je me tâte pour postuler, c’est quelque chose que j’ai dans le coin de la tête… Je crois qu’il veut privilégier des artistes, mais peut-être que mon expérience peut l’intéresser ». Et permettre à Charles de réaliser son rêve de gosse et de décrocher la Lune...

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Re: Charles Frankel. L’ami des astronautes qui ont marché sur la Lune

Message par Admin le Lun 22 Oct - 21:12


Espace. Combien d'hommes ont marché sur la Lune ?



Ce mercredi sort sur les écrans "First Man : le premier homme sur la Lune", film retraçant la vie de l'astronaute Neil Armstrong. Mais au fait, lui qui fit "un petit pas pour l'homme, un bond de géant pour l'Humanité", fut-il le seul à fouler le sol lunaire ?

Damien Chazelle, réalisateur de "La La Land", a fait appel à son acteur fétiche Ryan Gosling pour interpréter le rôle de Neil Armstrong, premier homme à poser le pied sur la Lune. C'était le 21 juillet 1969, lors de la mission Apollo 11. L'astronaute américain, alors âgé de 38 ans, entrait dans la légende.

https://www.letelegramme.fr/soir/espace-combien-d-hommes-ont-marche-sur-la-lune-16-10-2018-12108559.php


La légende a également retenu que le pilote du module lunaire ce jour-là, Buzz Aldrin, avait suivi les pas de son commandant pour goûter à cette sensation d'infini et d'au-delà ! Mais ce que l'on sait moins, c'est qu'il y a eu d'autres Américains à marcher sur la Lune. Les missions Apollo 12, 14, 15, 16 et 17 ont envoyé chacune deux hommes poser les pieds sur le satellite de la Terre. Leurs noms ? Pete Conrad et Alan Bean en novembre 1969, Alan Shepard et Edgar Mitchell en février 1971, David Scott et James Irwin en août 1971, John Young et Charles Duck en avril 1972, Eugene Cernan et Harrison Schmitt en décembre 1972. Soit 12 hommes au total. Et depuis, plus rien !



Et la mission Apollo 13 demanderont certains ? Elle devait également amener des astronautes sur la Lune en avril 1970, mais l'explosion d'un réservoir d'oxygène du vaisseau a compromis l'expédition. Miraculeusement, l'équipage a pu rentrer sur Terre, au terme d'un voyage retour éprouvant. Le cinéma s'est d'ailleurs emparé de cette mésaventure spatiale. Et du film "Apollo 13" de Ron Howard, avec Tom Hanks dans le rôle-titre, tout le monde retient cette phrase mythique : "Houston, nous avons un problème". Gageons que "First Man" rencontre le même succès planétaire que la mission lunaire de Neil Armstrong.

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