Chateaubriand. Breton, royaliste et précurseur du romantisme

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Chateaubriand. Breton, royaliste et précurseur du romantisme  Empty Chateaubriand. Breton, royaliste et précurseur du romantisme

Message par Admin le Sam 27 Oct - 21:05

Publié le 21 octobre 2018 à 06h00 serge le goff

Chateaubriand. Breton, royaliste et précurseur du romantisme  Sans_667

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François-René de Chateaubriand est considéré par ses contemporains comme le plus brillant des écrivains de sa génération. Précurseur du romantisme en France, le poète et romancier a été profondément marqué par son enfance en Bretagne, qu’il évoque notamment dans ses « Mémoires d’outre-tombe ».

Né le 4 septembre 1768 à Saint-Malo dans une vieille famille de l’aristocratie bretonne ruinée, François-René de Chateaubriand est envoyé, dès le lendemain de sa naissance, en nourrice à Plancoët, où réside sa grand-mère maternelle. « La noblesse et aussi la bourgeoisie des villes avaient alors coutume de recourir à des nourrices extérieures à la famille parce qu’on les jugeait plus robustes et plus saines », explique Jean-Claude Berchet dans la biographie qu’il consacre à l’auteur breton.


Élevé à la campagne jusqu’à ses trois ans, Chateaubriand retrouve ses parents, son frère et ses quatre sœurs aînés dans la maison familiale. Toute la famille quitte la cité malouine en mai 1777 pour Combourg et son château médiéval, que le père de Chateaubriand décide de racheter à prix fort. Ce dernier, ancien corsaire devenu armateur, prospère dans la traite négrière et désire retrouver son statut d’antan, en effaçant ainsi la ruine de ses aïeux. « Une seule passion dominait mon père, celle de son nom », raconte son écrivain de fils dans ses «Mémoires». Oppressé par la sinistre ambiance de cette inquiétante bâtisse, traumatisé par un père sévère et taciturne, le jeune vicomte recherche la solitude dans cette campagne marquée par son passé celtique, « une lande semée de pierres druidiques » où il s’invente sa « sylphide », cette femme idéale suscitée par le vague de ses passions. Cet amour, d’abord bien innocent, le conduit à la dépression et à une tentative de suicide… Le jeune homme se réfugie dans les études, aux collèges de Dol, Rennes puis Dinan avant d’échouer à l’examen d’entrée de l’école de Marine de Brest. Il en repart cependant avec une fascination pour l’océan et les voyages. Il tente finalement sa chance dans l’infanterie et obtient un brevet de sous-lieutenant à 17 ans, avant de devenir capitaine, deux ans plus tard, dans le régiment de Navarre.

L’arrivée à Paris


Envoyé à Paris en 1788, il y rencontre de nombreux écrivains avec qui il se lie d’amitié, comme Louis de Fontanes ou Jean-François de La Harpe. Dans la capitale, il fait également ses débuts littéraires, en publiant ses premiers vers dans l’Almanach des Muses. Quelques mois après son arrivée, il assiste à la prise de la Bastille et décide de quitter la France en pleine tourmente révolutionnaire. Le jeune Breton s’embarque pour les États-Unis ; il ramène de son périple de quoi nourrir ses premiers ouvrages : « Les Natchez » et « Atala ». Inspirées de son expérience au sein d’une tribu d’Indiens, ces deux œuvres, qu’il publiera à partir de 1801, sont empreintes d’une mélancolie rêveuse qui fera de lui le père du romantisme français. En 1792, il rentre en France et se marie avec Céleste Buisson de la Vigne, descendante d’une famille d’armateurs de Saint-Malo. Quelques semaines plus tard, il s’enrôle avec son frère dans les troupes royalistes pour lutter contre l’armée révolutionnaire. Blessé lors du siège de Thionville, il doit s’exiler à Londres pour plusieurs années.

Farouche opposant à L’Empire

Chateaubriand continue d’écrire, il publie un autre texte romantique, « René », à son retour en France en 1801, qui évoque l’amour chaste qu’il éprouve pour sa sœur Lucile. Le Malouin débute sa carrière de diplomate en Italie, deux ans plus tard, après avoir été remarqué par Bonaparte. D’abord favorable à l’empereur, Chateaubriand rompt avec Napoléon suite à l’exécution du duc d’Enghien. Il devient un farouche opposant à l’Empire, mais continue ses voyages, et se rend en Terre sainte, périple qui lui inspirera «L’itinéraire de Paris à Jérusalem». Interdit de résidence à Paris, il achète le domaine de la Vallée-aux-Loups, au sud de la capitale. En 1811, il est élu à l’Académie française, où il ne peut siéger qu’après la chute de l’Empire. En 1814, il publie d’ailleurs une violente charge contre Napoléon Ier  et accueille un an plus tard la Restauration avec ferveur. Nommé Pair de France, Chateaubriand obtient le poste de ministre des Affaires étrangères de Louis XVIII. Il tombe en disgrâce l’année suivante, et prend le parti des Ultraroyalistes. Il dirige le journal Le Conservateur qui défend ses idées.

Un plat à son nom

De retour en grâce après 1820, il devient ambassadeur à Berlin puis à Londres (c’est là que son cuisinier invente pour lui ce plat qui porte son nom, une pièce de bœuf braisée servie avec de la sauce béarnaise), avant de retrouver son poste de ministre des Affaires étrangères, entre 1823 et 1824. Il rejoint finalement l’opposition libérale, et finit sa carrière avec un poste d’ambassadeur à Rome. Chateaubriand ne joue plus de rôle politique après la Révolution de 1830, et revient à ses premières amours : l’écriture. Il se consacrera jusqu’à sa mort, le 4 juillet 1848 à Paris, à la rédaction de sa plus grande œuvre, les « Mémoires d’outre-tombe ».

Pour en savoir plus


Un livre :« Chateaubriand » de Jean-Claude Berchet, éditions Gallimard, 2012.Une appli :surlespasdechateaubriand.app.istorypath.com, une application web proposée par les villes de Saint-Malo, Combourg, Dinan et Plancoët à l’occasion des 250 ans de la naissance de l’auteur, afin de découvrir les endroits où l’illustre personnage a vécu.


Le telegramme 27.10.2018




Chateaubriand. Une référence littéraire

Marqué par la nature et les éléments de sa région natale, Chateaubriand trouve les racines de son romantisme et de sa mélancolie dans la Bretagne et sa chère ville de Saint-Malo, à laquelle il restera profondément attachée toute sa vie, et même après. Dès 1831, il achète l’îlot du grand Bé, située à l’embouchure de la Rance, au pied des remparts de la cité corsaire, afin d’en faire son lieu de repos éternel.

Avant même son inhumation, le 19 juillet 1848, son tombeau devient un lieu de pèlerinage ! Parmi les visiteurs, Flaubert qui raconte dans « Par les champs et par les grèves»: « Il dormira là-dessous, la tête tournée vers la mer ; dans ce sépulcre bâti sur un écueil, son immortalité sera comme fut sa vie, déserte des autres et tout entourée d’orages. »

D’un tempérament inquiet et orgueilleux à l’extrême, il fut aussi le premier homme de lettres à s’engager dans la vie politique. Dans ses « Mémoires d’outre-tombe », il partage lui-même sa vie en trois « carrières » : la carrière de soldat et de voyageur, la carrière littéraire, et enfin la carrière politique, celle qui a le plus d’importance à ses yeux. La postérité en a jugé autrement : elle accorde de loin la première place à ses talents d’écrivain.

De par son style et sa manière de décrire les paysages et la nature, les événements historiques qu’il relate avec la rigueur d’un historien, mais surtout son analyse des sentiments qui font de lui le précurseur du romantisme en France, il marqua plusieurs générations d’artistes. De Victor Hugo qui, écolier, écrivait « Je veux être Chateaubriand ou rien ! » à Jean d’Ormesson qui lui consacra, en 1982, une biographie « sentimentale » : « Mon dernier rêve sera pour vous». Sa personnalité et son œuvre lui ont valu encore l’admiration de la part d’hommes politiques, aux premiers rangs desquels le général de Gaulle et François Mitterrand.
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