Du manque de sommeil à l’anxiété, un cercle vicieux

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Du manque de sommeil à l’anxiété, un cercle vicieux

Message par Admin le Mer 28 Nov - 21:19


L’anxiété nuirait grandement au sommeil. Et la privation chronique de sommeil pourrait également provoquer de l’anxiété. Ces deux maux déclencheraient en effet les mêmes mécanismes cérébraux, selon de nouvelles études scientifiques, présentées lors d’un colloque sur les neurosciences en Californie, au début du mois.

Les personnes souffrant d’insomnie chronique courent deux fois plus de risques de développer un trouble anxieux. À l’inverse, 70 à 80 % des personnes souffrant d’anxiété clinique ont de la difficulté à s’endormir ou à rester endormies. Mais jusqu’alors, la corrélation entre insomnie et anxiété dans le cerveau n’avait pas été formellement établie.

Les résultats de recherches menées par plusieurs universités américaines, dévoilés à la réunion annuelle de la société pour les neurosciences à San Diego (Californie) début novembre, convergent en un point : « Les troubles du sommeil sont associés à de nombreux troubles cérébraux, dont l’anxiété, la démence et les traumatismes crâniens, détaille la société américaine des neurosciences dans un communiqué. Bien que ces perturbations soient parfois considérées comme un effet secondaire des troubles cérébraux, de nouvelles découvertes laissent à penser que les cycles sommeil-éveil anormaux peuvent également être à l’origine de pathologies cérébrales. »

En effet, « le manque de sommeil déclenche les mêmes mécanismes cérébraux qui nous rendent sensibles à l’anxiété au départ, explique Eti Ben-Simon, en post-doctorat au département des neurosciences de l’Université de Californie à Berkeley, interrogée par le site Popular Science. Si nous sommes chroniquement privés de sommeil, cela pourrait nous rendre plus sensible à l’anxiété, à des niveaux plus élevés, et entraîner un trouble anxieux. »

Ce qu’il se passe dans le cerveau après une nuit blanche


Pour arriver à ce constat, l’équipe de recherche a fait venir 18 personnes en bonne santé dans son laboratoire du sommeil pour deux nuits, rapporte le site Popular Science. Une nuit de privation totale de sommeil, suivie d’une nuit normale de repos. Les chercheurs ont alors mesuré leurs niveaux d’anxiété le soir et le matin après chaque séance. Lorsque les participants manquaient de sommeil, leur niveau d’anxiété augmentait de 30 % le lendemain.

Les chercheurs ont également étudié ce qu’il se passait dans le cerveau après une nuit sans sommeil. Au matin, ils ont soumis les participants à un examen par IRM (imagerie par résonance magnétique). Au cours de l’examen, ils leur ont montré des vidéos bouleversantes, présentant des enfants ou des personnes âgées, afin de provoquer une réaction émotionnelle.

Après une nuit sans sommeil, l’activité des régions du cerveau génératrices d’émotions (comme le complexe amygdalien et le cortex cingulaire antérieur dorsal) était significativement plus intense. Ces deux régions du cerveau traitent les émotions négatives comme la peur et sont hyperactives chez les patients souffrant de troubles anxieux.


(Photo d’illustration : Fotolia)

Lorsqu’ils étaient privés de sommeil, les participants avaient également moins d’activité dans le cortex préfrontal médial, une partie du cerveau qui aide à contrôler les émotions négatives et qui s’active lorsque nous essayons de nous calmer. Les participants qui ont connu la baisse d’activité la plus marquée dans cette région du cerveau ont également connu la plus forte augmentation de l’anxiété, ce qui suggère que le contrôle émotionnel est particulièrement important dans le lien entre la perte de sommeil et l’anxiété.

« Les régions qui nous aident à réguler nos émotions sont celles qui nous aident à atténuer notre anxiété et à rester calme, et elles sont très sensibles au déficit de sommeil, commente Eti Ben-Simon à Popular Science. Quand nous sommes privés de plusieurs heures de sommeil voire d’une nuit entière, ces régions se déconnectent et nous ne sommes plus capables de déclencher le processus de régulation des émotions. »

L’importance du sommeil profond

Après une nuit complète de sommeil, les participants à l’expérience ont retrouvé un niveau d’anxiété normal. Mais en étudiant ce sommeil via un électroencéphalogramme, les scientifiques ont pu prouver que ce n’était pas seulement la quantité de sommeil qui importait, mais aussi sa qualité.

Il y a en effet deux étapes principales dans le sommeil : celle du REM (Rapid Eye Movement, mouvement rapide des yeux), lorsque nous rêvons ; et la NREM (Non Rapid Eye Movement) qui, elle, comprend trois phases : endormissement, sommeil léger et sommeil profond.

Après la nuit de récupération d’un sommeil réparateur, les participants qui ont passé plus de temps dans un sommeil profond NREM étaient moins anxieux et ont montré plus d’activité dans le cortex préfrontal médial, partie du cerveau aidant à réguler les émotions.

« Nous pensons que pendant le sommeil profond, certains de ces mécanismes de régulation des émotions qui sont si sensibles au déficit de sommeil sont en train d’être restaurés, ce qui nous permet de commencer notre journée avec moins d’anxiété le matin », poursuit Eti Ben-Simon.

« C’est clairement un cercle vicieux »

Ainsi, le chevauchement entre l’anxiété et l’insomnie n’est pas nouveau. Mais c’est la découverte de la façon dont l’une entraîne l’autre qui l’est. « Ce que ce travail montre, c’est qu’il s’agit d’une interaction bidirectionnelle. Le déficit de sommeil aggrave l’anxiété, ce qui rend le sommeil plus difficile », commente Clifford Saper, professeur de neurologie et de neurosciences à la Harvard Medical School, lors de la conférence de presse de la réunion annuelle. « Pour beaucoup de gens, c’est clairement un cercle vicieux. »

Une étude, couplée à plusieurs autres présentées lors de ce colloque, qui « nous aident à mieux comprendre pourquoi le sommeil est perturbé chez tant de patients, poursuit Clifford Saper. Elles suggèrent également que les thérapies axées sur le sommeil peuvent être bénéfiques dans la prévention ou le traitement d’une vaste gamme de maladies, dont le trouble anxieux, et soulignent aussi le besoin crucial d’un bon sommeil pour la santé de chacun. »
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