Saint-Brieuc. Les trésors de Louis Guilloux

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Message par Admin le Sam 25 Avr - 21:45

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Au paradis des écrivains, Louis Guilloux est heureux : 33 ans après sa mort, sa résidence de Saint-Brieuc est devenue la « Maison du peuple » dont il avait rêvé.

Achetée il y a vingt ans par la ville, l'habitation n'a pas tourné la page de la littérature : ateliers d'écriture et résidences d'artistes accueillent auteurs, chercheurs, écoliers...


Au dernier étage, le bureau de l'écrivain briochin n'a pas changé depuis 1980. Près de la porte, l'affiche représentant la victoire du « Soldat de la Révolution », à Valmy, en 1792, annonce la couleur : « Ici, commence le pays de la liberté »... et donc celui de l'écriture.

Une liberté clairement revendiquée dans la vaste et lumineuse pièce, toujours animée de la présence du maître. Robe de chambre suspendue près du lit, pipes et paquets de tabac Caporal, poinçon au nom de son cordonnier de père sur la table... Pour un peu, on s'attendrait à voir Louis Guilloux sortir du petit cagibi où se cachent des raretés, tels les romans du Briochin traduits en russe, serbo-croate ou japonais.

Vue sur « Boeufgorod »


« Ici, on se sent comme sur la passerelle de commandement d'un bateau », confie Paul Recoursé, président des Amis de Louis Guilloux. À tribord, campagne et mer avec, l'hiver, le cap Fréhel en ligne de mire. À bâbord, la ville, le cimetière de l'Ouest et l'église Saint-Michel, rebaptisée « Boeufgorod » dans « Le sang noir ».

Mais, autour, quand Louis et Renée Guilloux s'installent au 13, rue Lavoisier, il n'y a que des champs. Ils y font construire une petite maison en pierre, bourgeoise mais simple. Louis Guilloux a connu le succès avec ses premiers livres mais c'est grâce aux revenus de Renée, professeur, que le couple a pu bâtir sa maison. Elle n'a rien d'un palace.

Sous les combles, pas de chauffage. L'écrivain écrit emmitouflé dans une couverture, les pieds dans un coffrage garni de moumoute. Le bureau ? Du simple contreplaqué. Le luxe, ce n'est pas le style de la maison. Fils de cordonnier, Louis Guilloux travaille comme pion pour payer ses études. Cette enfance pauvre est évoquée dans « Le pain des rêves ».

Il monte à Paris à l'âge de 20 ans. Le chemin de la reconnaissance - la publication de « La maison du peuple », en 1927 - est pavé de petits travaux de plume plus ou moins bien payés : chroniques, feuilletons, traductions (de Steinbeck, notamment).

Passeports pour la cité


Revenu au pays, le Briochin devient responsable du Secours rouge, pour l'accueil des réfugiés espagnols en 1935, aux côtés de la CGT mais, aussi, du pasteur Crespin et de l'abbé Vallée.

« Louis Guilloux était très ouvert. Il n'empêche que j'ai été surpris de rencontrer des curés dans son salon », raconte Paul Recoursé. « Dans les années 60, étudiant à l'École normale, je voulais faire une monographie sur son oeuvre. Il m'a invité un dimanche... Il a vu mon regard étonné et ça l'a beaucoup amusé.

En tout cas, c'est Louis Guilloux qui m'a véritablement éveillé à la littérature. Et ce n'est qu'après avoir lu " La maison du peuple " et " Compagnons, passeports pour la cité " que je me suis senti briochin », confie un Paul Recoursé toujours ému de trouver des trésors dans les innombrables caches et recoins.

Ami de Camus et de Malraux

Ainsi, la « une » de l'Express de janvier 1960, consacrée à la mort d'Albert Camus, « le coup de foudre existentiel » de Louis Guilloux, qui lui fit lire le manuscrit de « La peste ».

« Il y a eu des gens célèbres à passer dans ce bureau : Max Jacob, André Malraux... Le Briochin n'était pas un petit écrivain de romans de gare. Et s'il n'était pas un habitué des plateaux de télé, il était souvent invité à France Culture ». Juste retour des choses, le 13, rue Lavoisier vit aujourd'hui pleinement son rôle de maison du peuple et de la culture : « Les p'tits jeunes des quartiers sont impressionnés quand ils viennent ici, dans une vraie maison, en classe d'écriture ».

Quant au fonds d'archives acquis par la ville, il représente une vraie mine pour les chercheurs. Récemment, un professeur d'Oxford s'en est ainsi beaucoup servi pour préparer un colloque. De quoi mettre du baume au coeur de l'écrivain qui, quelque temps avant sa mort, écrivait, en voyant de sa fenêtre monter les tours de la cité du Plateau : « Je vois construire dans les champs de colza, la cité industrielle... bien loin de la cité future dont j'ai rêvé enfant ».

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Message par Admin le Sam 25 Avr - 21:47

Louis Guilloux, né à Saint-Brieuc le 15 janvier 1899 et mort le 14 octobre 1980 dans la même ville, est un écrivain français.

Depuis 1983, un prix littéraire porte son nom. ainsi qu’un Prix Louis Guilloux des Jeunes créé en 1994 par la Société des Amis de Louis Guilloux.

Louis Guilloux naît à Saint-Brieuc en 1899, d'un père cordonnier et militant socialiste, comme Guilloux le raconte dans La Maison du peuple. Malgré quelques séjours à Paris et Angers, toute sa vie durant il reste attaché à sa ville natale, dans laquelle il situe l'action de plusieurs de ses romans.

Grâce à une bourse il entre au lycée de Saint-Brieuc actuellement collège Anatole Le Braz. Il s'y lie d'amitié avec le professeur de philosophie Georges Palante, dont il s'inspire pour composer le personnage de Cripure, pathétique héros du Sang Noir. Il découvre Romain Rolland, alors très lu par les jeunes, et Jules Valles dont il partagera la révolte. Durant la Première Guerre mondiale, en 1916, il est surveillant d'internat.
Il rencontre en 1917 Jean Grenier, futur professeur d'Albert Camus et philosophe. Après l'armistice, on lui confie un poste de répétiteur au Lycée Gerson1.

En 1920, sa vocation d'écrivain prend naissance ; il commence à écrire des récits et des contes qui sont ensuite publiés dans des journaux (Le Peuple, Ce soir...). En 1922, il devient « lecteur d'anglais » et traducteur pour le journal L'Intransigeant. Plus tard, il devient le traducteur de l'écrivain Margaret Kennedy, mais également de l'auteur noir américain Claude McKay (Home to Harlem), de John Steinbeck pour Les Pâturages du ciel (1948), et avec Didier Robert, d'une partie de la série des Hornblower, romans de marine de C. S. Forester2.

Il épouse Renée Tricoire en 1924. Par l'intermédiaire d'André Chamson, il rencontre Daniel Halévy, directeur de la collection Les Cahiers verts chez Grasset, et d'autres écrivains dont Max Jacob, avec lequel il se lie d'amitié.

Son premier roman La Maison du peuple paraît chez Grasset en 1927.

Auteur engagé, il signe la pétition parue le 15 avril 1927 dans la revue Europe contre la loi sur l’organisation générale de la nation pour le temps de guerre qui abroge toute indépendance intellectuelle et toute liberté d’opinion. Son nom côtoie ceux d'Alain, Raymond Aron, Lucien Descaves, Henry Poulaille, Jules Romains, Séverine… En 1935, il participe au 1er congrès mondial des écrivains antifascistes et en devient le secrétaire, puis devient responsable pour les Côtes-du-Nord du Secours rouge, ancêtre du Secours populaire, qui vient en aide aux chômeurs et aux réfugiés espagnols.

Son œuvre la plus célèbre Le Sang noir manque de peu le Prix Goncourt en 1935. Dans ce roman qui se déroule sur une journée, en 1917, certainement à Saint-Brieuc même si la ville n'est pas nommée, Guilloux à travers un singulier professeur de philosophie, Cripure, souvent moqué par ses élèves et par les habitants de la ville dénonce la situation tragique d'une jeunesse sacrifiée à la guerre. Même si le cadre est à l'écart du front, Le Sang noir se déroule dans le climat pesant de la Première Guerre mondiale, et Guilloux évoque une émeute de conscrits ainsi que les exécutions des mutins, notamment du Chemin des Dames.

Le roman est remarqué par André Gide, qui en 1936 invite Guilloux à l'accompagner dans son célèbre voyage en URSS. En février 1973, alors que Louis Guilloux est invité à diner chez Claude Roy, celui-ci lui demande pourquoi il n'a jamais rien écrit sur le voyage de 36 en URSS : « Je lui ai raconté tout au long en lui donnant les raisons que j'avais eues de me taire jusqu'à présent [...]. La conviction s'est faite en moi dès ce moment-là, et depuis lors elle demeure, que Gide n'est allé en Russie que pour y chercher l'autorité de dire ce qu'il savait qu'il dirait. Tout en bavardant avec Claude Roy je me suis souvenu de cette admirable soirée de pique-nique sous le grand chêne, avec Iachvili, Tabidze, Dabit et Schiffrin à une vingtaine de kilomètres de Tiflis, et des trois paysans qui achevaient leur repas dans le pré non loin de nous, et des toasts que nous échangions. Depuis lors, Iachvili et Tabidzé ont été « physiquement liquidés » par notre grand camarade Staline3. »

Durant la Seconde Guerre mondiale, sa maison de Saint-Brieuc au 13 rue Lavoisier est un lieu de rencontre de résistants, les miliciens viennent y arrêter une résistante qu'il héberge. En 1942, il écrit Le Pain des rêves, qui reçoit le Prix du roman populiste. À la Libération il est interprète pour les tribunaux militaires américains (O.K., Joe). 1945 marque la naissance de son amitié avec Albert Camus qui préface une réédition de Compagnons.

Le complexe et foisonnant roman Le Jeu de patience remporte le prix Renaudot en 1949.Suivent Parpagnacco en 1954, Les Batailles Perdues en 1960, La Confrontation en 1967.

En 1972, il signe pour la télévision l'adaptation des Thibault de Roger Martin du Gard, et en 1973 celle de trois récits de Joseph Conrad, La Ligne d'ombre, La Folie Almayer et Freya des sept îles4.

En 1976 est publié Salido suivi de OK Joe, puis en 1978 Coco perdu, et les Carnets 1921-1944 (1978).

Il meurt le 14 octobre 1980 à Saint-Brieuc.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Guilloux
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