Santé au travail. Les souffrances des Bretonnes

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Message par Admin le Mer 16 Jan - 22:11

Publié le 16 janvier 2019 à 17h31 Modifié le 16 janvier 2019 à 17h35 Eric Daniellou

Santé au travail. Les souffrances des Bretonnes  Sans1370

Alors que le taux de maladies professionnelles y est plus élevé chez les femmes (10,3 %) que chez les hommes (6,6 %), la Bretagne a décidé d’intégrer la santé au travail des femmes dans son plan régional de santé 2016-2020 dans le but d’établir un diagnostic précis et de tordre le cou aux idées reçues.

« Ça fait presque 40 ans que je fais de la prévention et je n’ai jamais eu autant de mal à déployer des actions que dans le domaine de la santé au travail des femmes. On a le droit à tous les préjugés : « Nous, on aime bien les femmes ou nous, on fait tout ce qu’il faut… ». Pourtant, un travailleur sur deux en Bretagne est une travailleuse (1) » : le constat, sans appel, de Laurence Marescaux, médecin et inspectrice régionale du travail à la Direccte Bretagne (2), montre à la fois l’ampleur du problème et l’étendue du chemin à parcourir pour le prendre à bras-le-corps.

« Établir un diagnostic précis »

Emploi précaire, temps partiel le plus souvent subi, écarts de salaires, invisibilité de certaines expositions des femmes aux risques et pénibilité dans leur travail, moindre reconnaissance professionnelle, accès plus compliqué aux postes à responsabilité, violences sexistes et sexuelles, etc., la fragilité des femmes dans le monde du travail se présente sous plusieurs facettes (voir infographie). « Nous avons décidé d’écarter la grossesse, qui est un vrai sujet mais un sujet connu. Or, le but de notre groupe de travail est d’établir un diagnostic précis en évaluant les risques de manière sexuée afin de mettre en place une stratégie de prévention qui ne soit pas axée que sur les risques visibles, comme ce fut longtemps le cas. Il est aussi de mettre en lumière les spécificités du travail des femmes et de faire comprendre aux chefs d’entreprise que c’est dans leur intérêt d’agir », précise Laurence Marescaux.

Souffrance psychique plus importante

Tous ces aspects énumérés sont autant de points d’entrée potentiels vers la maladie professionnelle ou les troubles psychiques au travail : ainsi, 53 % des maladies professionnelles (MP) indemnisées par le régime général en 2016 en Bretagne ont concerné des femmes alors que l’étude des maladies à caractère professionnel (MCP) (réalisées auprès des médecins du travail) révèle que la souffrance psychique liée au travail représente la moitié des pathologies (51 %) chez les Bretonnes alors que ce n’est même pas un tiers chez les Bretons (31 %). Supérieur dans tous les secteurs d’activité, le taux de prévalence (nombre de signalements) des troubles psychiques atteint même le chiffre de 17 % chez les femmes (contre 8 % chez les hommes) dans la catégorie cadres et professions intellectuelles supérieures.

Un problème de perception de certains métiers

Alors que la journée d’information santé au travail des femmes, le 28 mai prochain, à Rennes, sera l’occasion d’un premier bilan, la Bretagne, pionnière, ne désespère pas de voir ses travaux (en cours) repris à l’échelon national à moyen terme, « les statistiques sur les maladies professionnelles (MP) n’étant pas sexuées en France. Mais je ne pense pas que l’on puisse parler de spécificité bretonne dans ce domaine », précise Laurence Marescaux. Chez nous, comme ailleurs, les TMS (troubles musculo-squelettiques) représentent, en effet, l’immense majorité des MP chez les femmes (98 %, dont 60 % liés aux mouvements répétitifs contre 49 % chez les hommes). « Il n’y a jamais qu’une seule explication pour expliquer le nombre de TMS, reprend Françoise Soiteur, directrice adjointe au Pôle travail à la Direccte. Mais on peut toutefois évoquer une féminisation de certains métiers : caristes, magasiniers, routiers… ».

Mais, pour l’heure, il s’agit surtout de combattre les idées reçues et de mettre en visibilité les spécificités de certains métiers à prédominance féminine. « Il y a, par exemple, un problème de perception de certains métiers qui ont longtemps relevé de l’entraide familiale avant de se professionnaliser. Je pense, notamment, aux métiers du soin, dans les Ehpad ou dans l’aide à domicile », pointe Françoise Soiteur. « Les femmes sont très présentes dans le milieu social, appuie Laurence Marescaux. Alors, tout le monde se dit : c’est normal qu’elles fassent cela car elles sont capables de plus d’empathie que les hommes. Et on occulte alors complètement les contraintes de ces métiers… ».

1. 46 % des salariés du régime général étaient des femmes en 2015 en Bretagne (414 000 femmes/480 000 hommes, 54 %).2. Direccte : Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi.

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