Cancer du poumon. Pourquoi tant de cas dans le Finistère ?

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Message par Admin le Dim 10 Mar - 19:53

Publié le 10 mars 2019 à 06h30 telegramme

Cancer du poumon. Pourquoi tant de cas dans le Finistère ?  Sans1649
Photo Claude Prigent)

C’est une particularité dont le Finistère se passerait bien : le nombre de cas déclarés de cancers du poumon y est très supérieur à la moyenne française alors que les chiffres sont inférieurs à cette même moyenne dans les autres départements bretons. Comment expliquer cette disparité ?


Le tabac, c’est le facteur de risque principal pour le cancer du poumon, il ne faut jamais perdre cela de vue ». Le constat du Dr Véronique Le Denmat, présidente de la coordination bretonne de tabacologie, est à méditer quand on sait qu’entre 2007 et 2016, « le département du Finistère avait un taux standardisé d’incidence du cancer du poumon significativement plus élevé que la moyenne nationale » d’après le dernier Bulletin de santé publique publié par l’Agence nationale de santé.

Autrement dit, sur cette période, le nombre de cas déclarés de cancers du poumon y était supérieur de près de 10 points à la moyenne nationale pour les hommes (61,1 contre 51,8) et de quatre points pour les femmes (21,9 contre 17,9). Une spécificité qui ne se retrouve pas dans les autres départements bretons qui présentent, sur cette même période, « des taux standardisés d’incidence de cancer du poumon significativement moins élevés que la moyenne nationale », souligne l’Agence nationale de santé.

Plus de fumeurs ou en tout cas de buralistes

Les Finistériens fument-ils plus que leurs proches voisins ? Faute de chiffres sur la consommation de tabac par département, pas facile de répondre à cette question. « Mais il y a un gradient est-ouest en Bretagne, souligne Véronique Le Denmat. D’autres études ont démontré qu’il y a plus de fumeurs à l’ouest qu’à l’est de la Bretagne ». Une indication qui est confirmée par le nombre de buralistes ayant pignon sur rue : on en compte 460 dans le Finistère contre 413 en Ille-et-Vilaine, 371 dans le Morbihan et 349 dans les Côtes-d’Armor. Pourtant, ces départements ont quasiment la même superficie et du point de vue de la population, le Finistère (908 732 habitants) est devancé par l’Ille-et-Vilaine (un peu plus d’un million).

Autre facteur de risque, le radon, gaz radioactif cancérogène. Émis de façon naturelle par les sous-sols, notamment granitiques, il concerne particulièrement la Bretagne et plus précisément le Finistère comme le prouvent les travaux de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). L’Agence régionale de santé accompagne d’ailleurs des actions de réduction des expositions de la population au radon comme celle portée par le service habitat de Lorient Agglomération en 2018 et 2019. Or d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le risque de contracter un cancer du poumon du fait d’une exposition au radon est 25 fois plus élevé chez un fumeur que chez un non-fumeur.

Amiante et tabac : des risques multipliés

Cette augmentation de probabilité se vérifie aussi en cas d’exposition à l’amiante. En 2005, une mission d’information du Sénat présentait un rapport annonçant une épidémie inéluctable et irréversible de cancers chez les personnes exposées à ce matériau. Comme les salariés des différents chantiers de construction navale qui utilisaient la marinite pour l’isolation des bateaux ou les mécaniciens marine qui intervenaient sur les gainages dans les compartiments propulsion, métiers plus présents dans le Finistère que sous d’autres cieux. « Quand il y a une association tabac amiante, ces deux facteurs risques ne s’additionnent pas mais se multiplient », avertit Véronique Le Denmat.

Pour la présidente de la coordination bretonne de tabacologie, les rayonnements ionisants de certaines installations militaires « entraînent probablement un certain degré d’exposition » susceptible d’être en cause dans cette incidence du cancer du poumon supérieure à la moyenne nationale. Une hypothèse validée en 2013 par le tribunal des affaires de sécurité sociale de Quimper pour le cancer de la prostate d’un ancien mécanicien de la Marine nationale mais rejetée depuis par la justice, le ministère de la Défense déclinant toute responsabilité dans les cancers ou leucémies qui touchent d’anciens salariés de la direction des chantiers navals (DCN) de l’Île Longue.

Reste un fait, indéniable. « Pour tous les cancers, le poids du tabac est considérablement supérieur à tous les autres risques. Mais c’est un facteur modifiable sur lequel on peut agir en cessant de fumer », conclut Véronique Le Denmat.
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