Cette infirmière redessine les seins détruits par le cancer

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Message par Admin le Jeu 14 Mar - 19:32

Par Mélanie BÉCOGNÉE ouest france

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Au Centre hospitalier Bretagne Atlantique à Vannes (Morbihan), l’infirmière Brigitte Le Jan exerce ses talents de dermographiste depuis 2014 dans le service gynécologie. Elle tatoue une aréole autour du mamelon des femmes après l’ablation de leur sein, mettant ainsi un point final à un long et difficile parcours médical.

« C’est toujours un grand moment d’émotion pour la patiente et pour moi. » Chaque aréole tatouée sur un sein dessine une victoire pour l’infirmière Brigitte Le Jan. Cette séance de dermopigmentation signe à elle seule la fin d’un difficile parcours médical. « Ces femmes sont passées par l’ablation de leur sein, la chimio, les rayons et des opérations de reconstruction », détaille cette soignante du Centre hospitalier Bretagne Atlantique (CHBA) à Vannes.

Chaque année, quatre à cinq patientes bénéficient du précieux savoir-faire de cette infirmière. Le délai d’attente peut aller jusqu’à deux ans. « Bien trop long, hélas », reconnaît-elle. La faute au temps et aux moyens qui manquent. « Il y a plusieurs plannings à accorder tout en s’assurant de la disponibilité de la salle des pansements. » Difficile casse-tête. Surtout que le temps presse pour Brigitte. En juin, l’heure de la retraite sonnera. « J’espère planifier un maximum de rendez-vous d’ici là. »

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Brigitte Le Jan avec une patiente ajuste la taille de la future auréole avant le fameux tatouage. (Photo : Ouest-France)

Ça ne fait pourtant pas bien longtemps qu’elle manie le dermographe aussi bien que les aiguilles. Sa formation à Marseille remonte à 2012. À l’époque, elle travaillait déjà aux consultations gynécologiques du CHBA avec le Dr Leblanc. « C’est lui qui s’en occupait », confie-t-elle. En voyant faire le praticien, l’envie de se former fut quasi immédiate. « Je n’ai pas hésité une seule seconde. Être avec ces femmes à la fin de cette épreuve douloureuse est extraordinaire. Le plus dur est passé et elles ont hâte qu’on leur fasse ce tatouage. » Elle qui est présente dès le début, lors de l’annonce, évoque « une relation particulière tissée avec les patientes »

« C’est le grand final »

Gaëlle Rio ne perd pas une miette de ces confidences. Cette infirmière du CHBA prendra la relève de Brigitte Le Jan dans quelques mois. Sa formation est pour bientôt. Les deux femmes ne cessent d’échanger sur ce soin si particulier. Tant sur la technique que sur l’émotion de ces séances. « C’est une autre facette de notre métier, assure Gaëlle. C’est un soin positif et esthétique qui intervient après de lourdes reconstructions mammaires. Ce tatouage est essentiel pour ces femmes. »

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Le tatouage est réalisé avec des pigments naturels, des minéraux. (Photo : Ouest-France)

Les deux infirmières emploient parfois ce terme avant de se reprendre. « C’est réalisé avec des pigments naturels, des minéraux. » Rien de définitif, donc. La dermopigmentation s’efface dans le temps. Il faut compter deux à trois ans d’efficacité, pour une aréole réalisée en une bonne heure. « J’avais beaucoup d’appréhension la première fois sur le résultat, se souvient Brigitte Le Jan. Il faut choisir la bonne vitesse, le type d’aiguille, les pigments, la taille de l’aréole… »

Tout cela se décide lors d’une première consultation. Ce mardi-là, Isabelle est venue pour ça. Voilà cinq ans qu’elle a pris le coup de massue sur la tête. Elle trépigne. « C’est le grand final », glisse-t-elle. Elle est passée par quatre interventions, de la chimio, des rayons, et deux bonnes années de reconstruction mammaire. Ce n’est pas une petite aiguille sous la peau qui va lui faire peur. « Ce n’est pas grand-chose à côté de tout ce que j’ai traversé. En plus, ce sera sous hypnose avec une aide-soignante. »

Pour la couleur de son nouveau mamelon, elle fait confiance à Brigitte Le Jan. « Les yeux fermés », s’exclame-t-elle en souriant. Les deux femmes ont convenu d’un petit mélange de tons. « Avec un peu de rose juste ici, le rendu sera encore plus naturel. »

Face à la glace, Isabelle ne semble pas en douter. Elle a hâte de voir le résultat. Un moment de grâce dans cette petite pièce de l’hôpital. « Certaines patientes pleurent après la séance, raconte Brigitte. Elles s’écroulent de joie et restent devant le miroir à se regarder. C’est un moment où je ne parle pas. Je m’efface. »
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