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Le Maôut : singulière famille d’inventeurs prolifiques et créatrice de la Moutarde celtique de santé

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Le Maôut : singulière famille d’inventeurs prolifiques et créatrice de la Moutarde celtique de santé

Message par Admin le Mer 8 Avr - 20:25

Le Maôut : singulière famille d’inventeurs prolifiques et créatrice de la Moutarde celtique de santé
(D’après « Revue d’histoire de la pharmacie », paru en 1948 et 1972)

Publié le samedi 14 février 2015, par LA RÉDACTION


La Biographie bretonne, de Levot, parue en 1857, nous révèle l’existence d’un très curieux personnage, au parcours atypique et chaotique, Efflam Le Maoût (1764-1852), pharmacien à Saint-Brieuc et inventeur de la Moutarde celtique de santé, fils d’un cultivateur de Plestin (Côtes-d’Armor)https://www.google.fr/search?sourceid=navclient&hl=fr&ie=UTF-8&rlz=1T4ASUT_frFR629FR629&q=Plestin
et père de nombreux enfants dont le précurseur de la pluie artificielle...


Baptisé le 23 avril 1764, Efflam Le Maoût « monta » à Paris pour y donner libre cours à ses idées progressistes, mais aussi y étudier la pharmacie : en 1790, le Collège de pharmacie lui décernait à son concours public une première mention honorable. Puis le voici pharmacien de la marine à Brest accomplissant des missions de propagation des idées nouvelles parmi les populations ; élu au conseil général de la commune de « Port-Brieuc » ; traducteur des lois républicaines en breton ; attaché à l’ambulance de l’expédition des Antilles en formation (1793) ; préposé à la commission des poudres et salpêtres (1794) ; nommé en 1797 par le jury central d’instruction professeur d’histoire naturelle à l’École centrale des Côtes-du-Nord, qui n’ouvrira qu’en 1799 et où il comptera parmi ses élèves le frère du grand Laennec.

Marié en 1794 et appelé à avoir une nombreuse descendance (treize enfants, dont trois morts en bas âge), il crée à Guingamp une officine où « offrir au public des services en plusieurs genres ». Jugez-en :

« Le citoyen Le Maoût, apothicaire-chimiste, prévient ses concitoyens qu’il vient de fixer sa résidence à Guingamp et d’y monter un laboratoire et une pharmacie ou l’on trouvera tous les médicaments usités dans la médecine...

« Indépendamment des préparations tirées des trois règnes de la nature pour la guérison des maladies des hommes, on trouvera aussi chez lui tous les remèdes en usage dans la médecine vétérinaire.

« Les arts du confiseur, du distillateur, du liquoriste, du teinturier, du vernisseur, du verrier, du potier, etc., étant du ressort de la Chymie, le citoyen Le Maoût procurera les objets qui y sont relatifs...

« Le citoyen Le Maoût se fera un plaisir et un devoir de raisonner avec les amateurs et les artistes et de donner gratis à ses concitoyens toutes instructions et les renseignements qu’on pourrait lui demander. » Il fera également les démonstrations et les expériences qu’on lui demandera... »

Toujours entreprenant, notre homme crée une autre officine à Saint-Brieuc, où il se fixe. Sa réputation est portée jusqu’en Amérique par... une moutarde qu’il a mise au point en 1802 : la Moutarde celtique de santé. Il en vend quelque quinze mille pots par an. « Maille est le Corneille de la moutarde, Bordin le Racine et Le Maoût le Crébillon », proclame l’Almanach des gourmands. L’Epicurien (janvier 1810) proclame que c’est « la meilleure qu’on puisse se procurer ».



Affiche pour la « Moutarde celtique de santé » créée par Efflam Le Maoût

Et son ami Laënnec (le père), de renchérir, sous le pseudonyme de Philotée-Rimea Lenacen : « Le Maoût n’est pas le du pape, mais on l’a nommé premier moutardier de l’Europe. » Il compose même une chanson parue L’Epicurien de 1807 et dans la Muse Bretonne de 1809 :


Dans ces dîners appétissants
Comme elle nous fit boire !
Nos estomacs reconnaissants
En gardent la mémoire.
Illustre Le Maoût, ton esprit,
Ton humeur égrillarde,
Pour aiguiser notre appétit
Vaut presque ta moutarde.

En 1812, 70 dauphins, dont quelques-uns mesuraient 19 pieds de long, échouant sur la côte de Ploubazlanec, près de Paimpol, Le Maoût se rend sur les lieux, étudie les caractères de ces cétacés et baptise orgueilleusement l’espèce « Dauphin Le Maout ». En 1832, peu après avoir abandonné son officine briochine à son fils Charles-Marie-Ange et cédé à la même époque son officine guingampaise au père du philosophe Théodule Ribot, Efflam peut s’adonner tout à son aise aux investigations d’histoire naturelle et signale l’existence d’une forêt sous-marine dans la baie des Rosaires, près de Saint-Brieuc.

Célèbre pour sa bonne humeur, il s’éteint le 20 mars 1852, ayant auparavant pris soin de composer ainsi sa propre épitaphe : Ci-gît feu Efflam !

Son fils Jean-Emmanuel, née le 17 janvier 1800, docteur en médecine, démonstrateur à la Faculté de Médecine, s’est fait un nom dans la botanique par de nombreuses publications, dont le Jardin des Plantes et le Traité général de botanique illustré de 5500 figures. Quant à Charles, né le 5 juillet 1805, d’abord stagiaire chez son père, puis dans d’autres officines bretonnes, il est introduit à l’Hôtel des Monnaies de Paris par Vauquelin et reçu en 1827 à l’examen d’aptitude aux fonction d’essayeur du commerce : en 1829, il succède à son père comme essayeur du bureau de garantie des Côtes-du-Nord (il le restera cinquante-sept ans).

L’épidémie de choléra de 1832 le conduit à communiquer l’année d’après à l’Académie des sciences des Expériences chimico-microscopiques sur les miasmes du choléra, où il soutient que le microbe se transmet par contagion respiratoire. Hélas, l’exhibition par Arago d’une petite boîte « contenant le miasme cholérique » qu’il a jointe à son mémoire suscite l’hilarité des académiciens ! Il se tourne donc vers d’autres activités : fondation, le 25 juin 1836, du journal Le Publicateur des Côtes-du-Nord ; rédaction d’une histoire de 1846 ; études des Effets du canon et du son des cloches sur l’atmosphère (1861) ; observations météorologiques (24 volumes) ; participation à la recherche et à l’exploitation des mines d’argent entre Saint-Brieuc et Chatelaudren, sur lesquelles il publie un traité en 1874 ; etc.

A sa mort, le 27 octobre 1887, il laissait donc une œuvre considérable. C’est ainsi qu’il fait figure de précurseur de l’utilisation de la pluie artificielle : « Ayant remarqué qu’il tombe de l’eau chaque fois que l’on tire un certain nombre de coups de canon, je me suis demandé s’il ne serait pas possible d’utiliser cette observation en l’appliquant aux besoins de l’agriculture ? Pourquoi, quand il faut de la pluie, ne tirerait-on pas le canon pour en faire tomber ? ». On peut lire dans une édition du Nouveau Larousse illustré concernant Charles : « Dès 1832, il annonçait la découverte d’un microbe du choléra, sans pouvoir attirer sur ses expériences l’attention qu’elles méritaient. Ce savant modeste fut aussi le premier à signaler l’influence des décharges d’artillerie sur l’atmosphère et à en indiquer l’application à la production artificielle de la pluie. »

Un autre fils d’Efflam, le dernier, Auguste, né à Saint-Brieuc le 31 mai 1817, appartient aussi à la pharmacie : il l’exerça à Portrieux, http://portrieux.com/

à Saint-Malo, où il fonda le Publicateur d’Ille-et-Vilaine, puis à Londres où ses idées républicaines le contraignirent à s’expatrier en 1851, ce qui le conduisit à entrer en relations avec Victor Hugo.

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