LA SANDALETTE DE PLOUHA
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Les colonnes infernales, « une armée vomie de l'enfer ».

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Message par Admin Jeu 3 Sep - 13:28

Les colonnes infernales, « une armée vomie de l'enfer ». Sans4759

« Des femmes enceintes égorgées et leurs enfants portés au bout de la bayonnete »
Legé et Le Loroux-Bottereau, Loire-Atlantique, Champtoceaux, Maine et Loire, 1793-1794.
Durant la Révolution, une partie de la Vendée se soulève contre la jeune République au nom du roi (alors le jeune Louis XVII emprisonné) et de la religion catholique.
La répression sera brutale, sans concession et la région saccagée.

Les registres paroissiaux, tenus clandestinement par des prêtres réfractaires, ont gardé trace de la férocité des faits, notamment envers les populations civiles.
La source documentaire, même fiable, reste néanmoins un point de vue « partisan ». Les guerres de Vendée restent aujourd'hui encore un sujet sensible.
Le 11 mars 1793, 25 ou 26 administrateurs et gendarmes républicains sont massacrés par la population insurgée de Legé.
Récit tiré du registre paroissial clandestin (vues 25 à 38) :

« Le quatorze septembre, invasion des républicains appelés troupes de Mayence du nom de la garnison de la même ville qui força de capituler le roy de prusse.
Ils commencèrent dès ce moment à mettre le feu aux maisons. Massacre commis par eux »
Suivent les noms de dix hommes agés de 37 à 72 ans.

« L'ennemi, de Legé, se porta sur Montaigu, le combat se donna le seize de septembre. Ont disparu depuis ce combat » six hommes. Un
blessé au combat de Montaigu, décède de sa blessure.
« Magdeleine Trute, de la Garrelière (23 ans, est) prise et emmenée par l'ennemi (les républicains) à Nantes ou on la dit avoir été
guillotinée »


Mois d'octobre 1793 :
« Incendie général dans le bourg et par les villages... Ce fut dans ce mois que brula l'église paroissiale et le 27 je commençai à faire
l'office paroissial dans la chapelle de la Guichère »
« Massacre fait par les républicains dans cette paroisse au mois de novembre 1793 : le vingt deux du présent mois, les républicains
arrivèrent dans le bourg de Lege où j'étois à voir un malade, je fus vivement poursuivi... par deux cavaliers dont un fut tué par quelques
cavaliers des insurgés (les royalistes) qui sortoient du bourg ». Dix hommes, trois femmes et un enfant de 9 ans sont tués don t Marguerite Forgeau, 74 ans et sa fille Marie, 42 ans « brulées vives » dans l'incendie de leur maison.

Les colonnes infernales, « une armée vomie de l'enfer ». Sans4760

Jean Barretau, 28 ans, est « surpris par l'ennemi et par lui conduit à Nantes ou on le dit guillotiné ».
« Le 7 décembre, il y eut une attaque au Luc de la part des républicains qui furent vivement repoussés, plusieurs furent tués. Ils furent ensuite attaqué par Mr Charette... le combat fut vif et sanglant sans aucun effet. Ce dernier combat se donna près du bourg, on ne peut y entrer »
Le 25 décembre Jean Peltier, 32 ans, est « tué d'un coup de canon », Pierre Chanson, charpentier, 28 ans meurt « pris par l'ennemi ».
Perdent également la vie, François Ayriau, domestique de 26 ans, tué ainsi que Jeanne Barretière, 34 ans. René Devineau, 72 ans, « a
disparu depuis l'entrée de l'ennemi dans le bourg de Legé où il se trouve dans le moment».

« MASSACRE : Pierre Patron, 8 ans, Catherine Patron, 6 ans, Jean Patron, 1 an, Marie Patron, 75 ans, Marie Bourlier, 60 ans, Marie Anne
Fort, 23 ans du village de la Domangère ont été tués et brulés dans leur maison ».
Au total, le massacre de décembre fera à Legé 56 morts répertoriés sur le registre catholique : 15 hommes, 25 femmes et 16 enfants.
En janvier 1794, le 15, « Pierre Giraudet (21 ans) de la Garrelière, resté à Noirmoutier et probablement massacré avec le reste de la
garnison par l'ennemi »


« MASSACRE : ont été tués par les républicains dans le mois de janvier 1794 » 29 hommes, 12 femmes et 4 enfants (dont le plus jeune avait 3
ans).
« Dans ce mois (février 1794) il y eut un combat très vif dans le bourg, les républicains furent mis en pleine déroute et tués en grande
partie, plusieurs périrent en passant la rivière de Laignes qui étoit débordée dans ce moment, on leur prit deux canons et leurs bagages. On portoit leur perte de trois à quatre cent hommes ».


« MASSACRE : ont été tués par l'ennemi dans le mois de février » 31 hommes (dont deux tués au combat et un curé), 53 femmes dont une aristocrate, la veuve d'un avocat et la veuve d'un notaire royal) ainsi que 13 enfants dont Louise Chanson, 11 ans « emmenée par
l'ennemi ».
« Les recherches (des insurgés par les républicains) dans les forests, gites, furent presque continuelles pendant ce mois ainsi que pendant le mois suivant, les peuples les plus barbares sembloient être venus dans ces parages. Plusieurs personnes furent brulées vives, des femmes enceintes égorgées et leurs enfants portés au bout de la bayonnete »
« Dans le mois précédent, on fusilla au bourg de Legé (par jugement d'une commission militaire) soixante dix ou douze hommes... qui se croyoient en sûreté chez eux, ayant rendu les armes d'après la promesse qu'on leur avoit faite de les laisser sans les inquiéter »
Le registre paroissial clandestin du Loroux-Bottereau mentionne aussi deux femmes « massacrées par les républicains » : Marie Marchand, veuve de 62 ans et Marie Pineau, 46 ans.

A Champtoceaux,
« Nota. Depuis le 18 octobre (1793) jusqu'à la fin de l'année 1794, il n'y a pas eu de prêtre fixe dans la paroisse à cause de la persécution, de sorte que tous les actes qui suivent ont été
recueillis de différents endroits le plus exactement qu'il a été possible »
Le 20 octobre « Jean, fils de Jean Dubin... demeurant à la Charendière, passa en Bretagne avec l'armée catholique ou il est probable qu'il a péri, n'en ayant reçu aucune nouvelle, il étoit agé denviron trente ans ». Suit une liste de noms d'hommes morts au combat ou dont on reste sans nouvelle après leur engagement dans l'armée insurgée dont Pierre Gabriel, 30 ans, Jean Cartier, 26 ans, et son frère Joseph, Jean Bouchereau, 31 ans « massacré par les républicains selon le rapport de Jacques son frère », Louis Toublanc, 23 ans, René Moreau, 23 ans, Pierre Drouet, 55 ans, Louis Drouet son fils 22 ans et son son autre fils Mathieu, 26 ans, René Toublanc, 16 ans, Jean Martin, 16 ans « resté dans la déroute du Mans à la suite de la défaite de l'armée catholique selon le rapport de son frère », Jean Merlet, 19 ans, Jean Bottineau, 25 ans, François Lucas de la Morillère « laissé blessé après la défaite de l'armée au mois de décembre... sans qu'on ait pu en savoir d'autre nouvelle », Julien Bourget, 17 ans, Jean Heouys, 25 ans, Jean Aubard, 30 ans « laissé à la Valé à la suite de l'armée catholique au mois de décembre », Jean Toublanc, 23 ans, « tué au mois de décembre à la bataille de Dol », René Brangeon, 48 ans, François Richard, 60 ans, « emmené vivant par les républicains et mort en prison au mois de décembre selon le rapport de François
Richard son fils », Jacques Redureau, 40 ans, « fusillé par les républicains », François Renou, 50 ans, René Bottineau, 50 ans et Julien Briand, 36 ans.
Suivent 13 actes de décès dont 12 hommes ont été fusillés par les républicains dont Pierre Blain, 60 ans, « originaire d'Ancenis et demeurant en ce bourg, fusillé par les soldats républicains dans la paroisse de Liré », Jacques Sechez, 37 ans « métayer à la Paulière, fusillé par les soldats républicains », Charles Boucherau, 26 ans « emmené à St Florent et fusillé en février », idem pour Jean Chapeau, 21 ans, Jacques Herbelin, 37 ans, « marchand boucher de ce bourg conduit à Angers ou il a péri »...
« Les seize et dix sept mars mil sept cent quatre vingt quatorze ont été pour le pays depuis St Florent... jusqu'à trois lieues … des jours d'horreur et d'abomination tels qu'on n'en avoit jamais vus, une armée de soldats républicains au nombre d'environ 5000 vomi de l'enfer pour faire le mal, a impitoyablement massacré sans distinction petits et grands, vieillards femmes et enfants et incendié tout le pays, la même chose est arrivée le dix sept mai et les 27-28 et 29 juillet suivans. Voici les noms des personnes qui ont péri dans ce premier massacre ». 82 personnes meurent âgées de 14 à 75 ans.
Le 29 avril, François Toublanc, 55 ans, est
« massacré par les soldats républicains » ainsi qu'Ane Lanau, 72 ans et Françoise Couault, 80 ans à la Patache.
« Nota. Le 17 mai 1794 a été fait dans le pays par une armée de soldats républicains un massacre presque semblable à celui du 17 mars dernier, voici les noms de ceux qui y ont péri » : on compte 34 victimes dont la plus jeune n'a que 8 ans.
Le curé rapporte ensuite les décès de Gilles Redureau, 40 ans, « emmené à Nantes », d'Arnaud Codineau, 35 ans, « mort en juin à Nantes ou il avoit été renfermé par les républicains » , de Pierre Bourget « mort en juin dans la forêt du bois de l'Eau par la suite d'une
blessure »
« Nota. Depuis le 26 juillet jusqu'au 29 ou 30 du même mois, des soldats républicains ont encore incendié le pays et massacré beaucoup
de personnes, voici le nom de ceux qui périrent dans le troisième massacre ». Le curé compte 13 victimes dont Marie Anne Massouneau et
Marie Geneviève Leture « réfugiées dans cette ville de Chantorceaux depuis 4 à 5 mois, l'une et l'autre massacrées par des soldats de
l'armée républicaine le lundi 28 juillet sur les onze heures et demi du matin dans le chemin tendant du bourg de Chantorceaux à la bonde de l'étang... près d'une pièce de terre dépendante de la métairie de la Bonde... où elles ont été inhumées le jeudi suivant 31 dudit mois sur les dix heures du matin à cause de la putréfaction des cadavres qui n'ont pu être transférés plustot dans le cimetière relativement au séjour de l'armée républicaine».

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