LA SANDALETTE DE PLOUHA
Vous souhaitez réagir à ce message ? Créez un compte en quelques clics ou connectez-vous pour continuer.
Le Deal du moment : -22%
REALME 8 5G 64 Go à prix cassé
Voir le deal
179 €

Il était aveugle, ce Breton recouvre partiellement la vue grâce à une technique révolutionnaire

Aller en bas

Il était aveugle, ce Breton recouvre partiellement la vue grâce à une technique révolutionnaire Empty Il était aveugle, ce Breton recouvre partiellement la vue grâce à une technique révolutionnaire

Message par Admin Mer 2 Juin - 19:10

Il était aveugle, ce Breton recouvre partiellement la vue grâce à une technique révolutionnaire Sans6125



Propos recueillis par Léo ROUSSEL

Ce patient de 58 ans a partiellement recouvré la vue grâce à une méthode innovante : la thérapie optogénétique. Une première mondiale, qui appelle d’autres progrès majeurs en matière de santé, et pas que dans le domaine de la vision… Entretien avec le scientifique Serge Picaud, qui a participé aux recherches précliniques de la thérapie.

Et si la médecine était à l’aube d’une véritable révolution ? C’est ce que laissent penser les récents résultats obtenus par une équipe internationale de chercheurs, menée par les professeurs José-Alain Sahel et Botond Roska, avec des scientifiques de l’Institut de la Vision (Sorbonne Université / Inserm / CNRS), l’hôpital d’ophtalmologie des Quinze-Vingts, l’université américaine de Pittsburgh, l’Institut d’ophtalmologie moléculaire, la clinique de Bâle et les sociétés Streetlab et GenSight Biologics.

Ensemble, après un long travail, ils sont parvenus à « partiellement restaurer la vision chez un patient aveugle atteint de rétinopathie pigmentaire à un stade avancé », a annoncé le CNRS dans un communiqué, http://www.cnrs.fr/fr/un-patient-aveugle-recupere-partiellement-la-vue-apres-une-therapie-optogenetique mardi 25 mai. La méthode utilisée : l’optogénétique.

Les résultats du travail des chercheurs sont quant à eux disponibles depuis lundi sur le site de la revue scientifique Nature Medecine. L’identité du patient, habitant en Bretagne et soigné à Paris, reste pour l’heure confidentielle.

Serge Picaud, directeur de l’Institut de la Vision à Paris, a participé aux recherches précliniques de la thérapie. Il revient sur le traitement, et sur l’espoir suscité par une telle prouesse. Entretien.

Serge Picaud, ce travail a permis de rendre partiellement la vue à un patient aveugle, c’est une véritable avancée ?


C’est une révolution. La méthode utilisée avait été testée dans un contexte de recherche fondamentale, mais jamais sur des patients. Et au-delà de ça, l’optogénétique est une véritable révolution pour les neurosciences.

D’ailleurs, qu’est-ce que l’optogénétique ?

Un scientifique allemand a tenté de comprendre comment des algues unicellulaires étaient capables de détecter la lumière à la fin des années 1990. Il a trouvé une protéine qui était sensible à la lumière. Il a tout de suite émis l’hypothèse que, pour les gens qui deviennent aveugles et perdent leurs photorécepteurs, exprimer cette protéine chez eux pourrait permettre de stimuler un neurone afin de le rendre sensible à la lumière pour recréer des espèces de photorécepteurs.

C’est aussi une technique qui permet d’être sélectif sur une portion de cellules à stimuler. À l’inverse, quand vous mettez une électrode par exemple, vous stimulez tous les neurones, sans sélection.

Comment ça se traduit dans la thérapie ?


En fait il faut réintroduire le code génétique d’une protéine d’algue dans des cellules du patient. Ça se fait par ce qu’on appelle un vecteur de thérapie génique. Ce vecteur est injecté dans l’œil, et va se diffuser vers la rétine. Le code génétique rentre dans des cellules visées. Ici, ce sont des cellules qui transmettent normalement l’information visuelle de l’œil au cerveau via le nerf optique. Mais leur fonction, normalement, à ces cellules, n’est pas de répondre à la lumière.

Et le patient peut voir directement après ?

Non, c’est un travail qui dure depuis assez longtemps. Il y a tout un réapprentissage de la vue pour le patient. Il y a une forme de plasticité qui fait que lorsqu’il est devenu aveugle, les zones du cerveau destinées à la vision se sont mises à traiter d’autres informations. Et là, il faut de nouveau apprendre à ces zones à traiter des informations visuelles.

Cette durée d’apprentissage dépend de l’âge, mais aussi du temps depuis lequel la personne est aveugle. Si elle l’est depuis peu, on peut penser que l’apprentissage se fera plus rapidement.

Le patient a aujourd’hui recouvré la vue partiellement, que voit-il vraiment ?


Il voit des contours d’objets. Et il doit porter en plus une paire de lunettes spéciale, qui « extrait » ces contours. Ceux-ci sont ensuite projetés dans son œil par les lunettes, en lumière orange-rouge. Le patient va voir alors percevoir ces contours sur sa rétine.

Ce traitement peut-il permettre à certaines personnes d’espérer recouvrer une vision complète à l’avenir ?


Ce sera difficile voire impossible de redonner une vue normale à un patient aveugle. Mais là, il y a de nouveaux patients, qui auront peut-être davantage de protéines d’algues injectées, et il est possible qu’ils voient encore mieux !

Est-ce une thérapie qui pourrait servir dans d’autres domaines de la médecine ?

Comme je l’ai dit, c’est une révolution. Déjà, c’est la première fois qu’on prend une protéine d’un autre organisme que l’être humain pour compenser un de ses déficits.

Ensuite, l’optogénétique pourrait permettre de stimuler des cellules de la rétine, des neurones du cerveau, et pourquoi pas d’autres cellules excitables : du cœur, des oreilles…

Dans des affections neurologiques comme Parkinson, on pourrait voir un intérêt, pour être beaucoup plus précis dans la stimulation.

OUEST FRANCE
Admin
Admin
Admin

Messages : 14229
Date d'inscription : 07/04/2015
Age : 66
Localisation : cotes d'armor

https://lasandalettedeplouha.lebonforum.com

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum