Un salarié d'une filiale de La Poste licencié pour un colis livré "avec trois minutes de retard"

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Un salarié d'une filiale de La Poste licencié pour un colis livré "avec trois minutes de retard"

Message par Admin le Mer 25 Jan - 17:17

SOUFFRANCE AU TRAVAIL - Un salarié d'une filiale de La Poste a été renvoyé pour "faute grave" parce qu'il avait "trois minutes de retard" dans sa livraison, dénonce son avocate à LCI. Cette dernière incrimine des conditions de travail exécrables dans cette société.


25 janv 14:17Dorothée Duchemin

Viré à cause d'un colis livré avec seulement trois minutes de retard. Ce chauffeur-livreur du site DPD de Mauguio (Hérault) s'est vu spécifié son licenciement immédiat le 13 décembre 2016. Le salarié a livré un colis "predict", dont l'heure de livraison est annoncée précisément, avec "deux à trois minutes" de retard, commente pour LCI son avocate Julie de Rudnicki. Elle précise que ce salarié "a été licencié pour faute grave, sans aucune indemnité", alors qu'il se présentait ce matin-là au travail avant de débuter sa tournée.


Mardi 24 janvier, elle se tenait aux côtés de la CGT pour alerter l'opinion publique sur les pratiques de cette filiale de La Poste. "On a des chauffeurs-livreurs qui font jusqu'à 60 à 70 heures par semaine. Certains se retrouvent avec 200 colis par jour à livrer dans des camions en surcharge et en très mauvais état", a détaillé un salarié, relayé par le quotidien La Marseillaise.


Quand le corps lâche


Me Julie de Rudnicki est en charge de quatre dossiers de salariés de DPD Mauguio, actuellement en procédure aux prud'hommes. Elle dénonce les pratiques violentes de la société de livraison, filiale du groupe La Poste, qui impose des tournées "infaisables et irréalisables en une journée de travail".

L'avocate classe les salariés en deux catégories, "ceux qui n'ont pas lâché et ceux qui ont lâché".  Les cadences sont infernales mais il y a aussi le corps qui souffre. "Les colis sont beaucoup trops lourds, au-delà des normes légales", assure-t-elle. Elle raconte le cas de ce chauffeur-livreur de 38 ans. "Son dos a lâché à cause du poids du colis. Il n'a reçu aucune aide de DPD". "Mon employeur a refusé de me déclarer un accident de travail jusqu'à ce que le médecin du travail, un mois après, intervienne", commente pour France Bleu Hérault, ce chauffeur-livreur, aujourd'hui en passe d'être licencié pour inaptitute. En 2 ans, le site de Manguio comptabilise pas moins de 19 accidents du travail.



Fin 2013, le site de Mauguio comptait 15 chauffeurs. Aujourd'hui, ils ne sont plus que six.Julie de Rudnicki, avocate des salariés de DPD



Pour l'avocate, l'objectif de l'entreprise est de se séparer de l'ensemble de ses chauffeurs-livreurs pour, à terme, ne plus faire appel qu'à la soustraitance, plus intéressante pour elle. "Fin 2013, le site de Mauguio comptait 15 chauffeurs. Aujourd'hui, ils ne sont plus que six". L'avocate précise que sur les autres sites DPD, il ne reste plus de chauffeurs-livreurs, ces postes ont été externalisés.


Selon l'avocate et la CGT, la société comptabilise en France sur l'année 2015 87 licenciements, 39 démissions et plus d'une vingtaine de ruptures conventionnelles sur un total de 1500 salariés. Contacté par LCI, le responsable DPD du site de Mauguio n'a pas souhaité réagir.


DPD Group est une marque de GeoPost, une holding internationale du groupe La Poste dédiée à la livraison de colis. "Avec le BtoC (Business to Customer - de l'entreprise au consommateur, ndlr), le dernier kilomètre devient l'aspect le plus important", soulignait en juillet 2016 le président de GeoGroup Paul-Marie Chavanne. "Il faut faire preuve d'imagination pour pouvoir garantir un succès, ou le meilleur succès possible, de la livraison !"

Voir aussi


http://www.lci.fr/societe/un-salarie-d-une-filiale-de-la-poste-dpd-maugio-licencie-pour-un-colis-livre-avec-trois-minutes-de-retard-2023365.html?utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Facebook#link_time=1485354115


"On n’a même plus le temps de dire bonjour" : les facteurs dans la rue pour crier leur souffrance au travail

http://www.lci.fr/societe/on-n-a-meme-plus-le-temps-de-dire-bonjour-les-facteurs-dans-la-rue-pour-crier-leur-souffrance-au-travail-2016284.html
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