#17novembre : notre maison brûle et nous regardons… les gilets jaunes !

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Message par Admin le Mer 28 Nov - 22:13

Tribune. Par l'association Agir pour l'environnement
Publié le 16 Novembre 2018

#17novembre : notre maison brûle et nous regardons… les gilets jaunes !  Sans1531
Pour l'association Agir pour l'environnement, le problème n'est pas le prix du carburant mais un modèle de société basé sur la voiture individuelle. (Crédit : DR)

Depuis plusieurs semaines, une colère sourde rend la fiscalité écologique responsable de tous les maux. Gilets jaunes et bonnets rouges ressortent pour l’occasion du placard. Parce qu’elle n’apprécie rien d’autre que le comique de répétition, Ségolène Royal revit son heure de gloire en soutenant ces automobilistes "injustement" taxés. Après avoir eu la peau de l’écotaxe (tuant au passage le fret ferroviaire qui souffre depuis d’un sous-investissement chronique), l’ancienne ministre de l’écologie repart en guerre contre l’écologie "punitive".


Tous les ingrédients d’une mauvaise farce sont ainsi réunis ! Chacun dans un mauvais rôle dont le climat est la victime collatérale. Alors que plus de 40 000 personnes meurent, chaque année en France des effets de la pollution atmosphérique pour un coût dépassant les 100 milliards d’euros, qu’un consensus semblait se faire jour sur l’urgence d’agir sur les causes du dérèglement climatique (dont les transports représentent plus du tiers des émissions hexagonales en constante augmentation depuis 1990), une classe politique irresponsable semble faire sienne la revendication d’une baisse du prix des carburants.


Baisse du prix de l'essence sur dix ans

Le prix de l’essence, supposé être à l’origine de cette jacquerie, est très loin d’atteindre un sommet historique. En une décennie, entre 2008 et 2018, le prix de l’essence sans plomb a augmenté de 17 centimes. Alors que l’essence atteignait les 1,7 euros le litre en 2012, il faut débourser 1,54 euros en 2018, soit une baisse de 10 % en seulement 6 ans ! En tenant compte de l’inflation, l’essence coûte moins cher aujourd’hui qu’il y a 10 ans !



Entre 2008 et 2018, la consommation des véhicules a tendanciellement baissé pour passer 6,98 à 6,39 l/100 km. Cette efficacité énergétique a permis d’économiser mensuellement, pour un conducteur parcourant 15000 km/an, 11,35 euros. Mais les chiffres ne sont que peu de choses face à la colère. Or, quand 58 % des déplacements de moins d’un kilomètre se réalisent en voiture, il n’est pas illégitime de réfléchir aux alternatives à proposer pour se libérer de l’emprise de l’automobile.


Instrumentaliser la souffrance des gens

Qu’une partie de l’opinion puisse exprimer de légitimes revendications sur la façon dont le gouvernement favorise le 1 % des plus riches au détriment de ceux qui souffrent est une chose. Que la colère se cristallise aujourd’hui sur la fiscalité écologique est une grave erreur car elle obère nos chances d’opérer enfin une transition écologique qui n’a que trop tardé à être mise en œuvre. Pour plagier l’abbé Pierre, le gilet jaune, comme en son temps le bonnet rouge est un homme qui se trompe de colère.

Que ceux qui instrumentalisent la souffrance des gens aient honte. Ils ne sont tout simplement pas dignes de nous représenter. Ils ne sont pas à la hauteur de l’Histoire, pas à la hauteur de la crise climatique qui réclamera de nous un effort bien plus conséquent que ces quelques centimes d’augmentation.

Préférant vivre dans le déni en exigeant que le prix du pétrole baisse à mesure que les stocks disponibles s’amenuisent, notre société occidentale prend le risque d’un réveil brutal. Faute d’anticiper et préparer l’avenir, nous nous condamnons, à moyen terme, à subir tout à la fois les effets du dérèglement climatique et une hausse immaîtrisable du prix des ressources pétrolières. Ce jour-là, il est vraisemblable que nous n’entendrons plus ces irresponsables politiques justifier, pour quelques points de popularité, l’injustifiable.

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Message par Admin le Mer 28 Nov - 22:26

Prix des carburants : "La transition écologique ne se fera pas gratuitement"



Gérard Mermet, en tant que sociologue vous vous êtes spécialisé dans l’évolution des modes de vie, du changement social, de la consommation… En ce moment, l’augmentation des prix du carburant https://www.huffingtonpost.fr/2018/11/16/gilets-jaunes-la-carte-des-manifestations-du-17-novembre_a_23591217/est dans l’actualité, est-ce que les prix vont continuer de croître ?


Depuis 1985, Gérard Mermet, sociologue, publie tous les deux ans "Francoscopie", un livre qui analyse notre époque. Cette année, il livre une édition spéciale qui imagine la France de 2030. Entretien.
Par Louise Bugier I Publié le 16 Novembre 2018



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Gérard Mermet, sociologue et auteur de 15 éditions de Francoscopie (Crédit : Georges Leurre)

"Le coût de production du carburant va augmenter donc il va falloir trouver d’autre types d’énergies fossiles", explique Gérard Mermet (Crédit : Louis Concorde)

Gérard Mermet : Je pense que le prix du carburant va continuer à augmenter pendant un certain nombre d’années. Tout d’abord parce que les coûts de production vont augmenter donc il va falloir trouver d’autre types d’énergies fossiles.

Et puis aussi parce que la transition énergétique est nécessaire : il faut envoyer des signes psychologiques à la population pour l’engager à être responsable. Pour inciter les gens à être responsables, il faut forcément les faire payer plus cher.

Le pic pétrolier est-il derrière nous ?

Les experts ont indiqué pendant des décennies que l’on allait atteindre le pic pétrolier. Il y a 40 ans on disait qu’il aurait lieu dans 40 ans et maintenant on le place encore dans 40 ans ! Finalement, personne ne peut vraiment fixer de date parce que cela dépend de la découverte de nouvelles nappes.
 
Mais personnellement, je pense que le pic a été dépassé : il est clair qu’on puise dans une réserve qui n’est pas éternelle. Même si on découvre de nouveaux gisements, ils sont de plus en plus difficiles à exploiter. Plus on est proches du fond de cette ressource, plus les pays producteurs vont valoriser ce qu’il reste et plus le pétrole sera cher.
 
Puisqu’on va aller vers de nouvelles sources d’énergies fossiles, il y a aussi la question du gaz de schiste. Le problème c’est que cette ressource est très complexe et coûteuse à extraire donc elle n’est rentable que quand les prix sont très élevés. En conséquence, on va rester dans une logique d’augmentation des prix.


La voiture individuelle a-t-elle encore un avenir selon vous ?

La voiture individuelle a certainement un avenir mais sous d’autres formes : l’électrique, l’hybride, à hydrogène ou la voiture qui roule avec d’autres carburants écologiques et agro-carburants que l’on va découvrir.
 
Il y a aussi la voiture autonome mais son développement va être très lent parce qu’il y a un parc de 20 millions de voitures à modifier. Finalement, je pense que l’on va quand même aller progressivement vers du transport collectif.


Quel regard portez-vous sur le mouvement qui se développe pour protester contre la hausse des prix du carburant ?


Je comprends tout à fait l’inquiétude des Français qui sont affectés économiquement par cette augmentation des prix, les plaintes sont légitimes et une aide est souhaitable. Mais finalement il y a peu de personnes impactées. J’ai fait le calcul : si le gazole augmente de 15 % en 2019, les propriétaires de voitures diesel seront victimes d’un surcoût de 13 euros par mois [sur la base de 900 km parcourus]. Ce n’est pas le bout du monde mais les Français sont toujours réticents à payer pour l’écologie.
 
Le problème c’est que la transition écologique ne se fera pas gratuitement. L’impact se fera soit sur le budget des automobilistes soit sur les impôts du contribuable. Mais ce n’est pas vrai que l’État peut endiguer cette hausse des prix : sinon l’impact se fera sur l’endettement français et ce sont les générations futures qui paieront.
 
Il faut être conscients de l’impact à court terme sur les ménages français mais il ne faut pas pour autant oublier de se projeter à long terme. Parce que c’est ça la transition écologique : se projeter car on est responsables de la vie des générations futures.



Francoscopie 2030, de Gérard Mermet aux éditions Larousse.
24,95 euros. Paru le 24 octobre

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http://www.editions-larousse.fr/livre/francoscopie-2030-9782035960641
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