LA SANDALETTE DE PLOUHA
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Neuf mots de la langue française que l’on doit à la géographie

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Message par Admin Mar 15 Jan - 21:49

Neuf mots de la langue française que l’on doit à la géographie Sans1326
Correspondance, Gautier DEMOUVEAUX  ouest france

Magenta, cachemire, bikini, cravate, guinguette, rugby, corbillard… Ces mots font aujourd’hui partie du langage courant. Mais connaissez-vous leur origine ? Saviez-vous qu’ils sont en réalité issus de noms de lieux ?



Le magenta, une couleur en hommage à une bataille


On doit l’invention de la couleur magenta au Lyonnais François-Emmanuel Verguin. Chimiste de profession, ce dernier crée en 1858 un colorant à base d’aniline, qui donne une teinte rouge pourpre. Il vend son brevet l’année suivante aux frères Renard, des industriels qui commercialisent cette nouvelle couleur pour le textile sous le nom de « magenta », en référence à un village de Lombardie et à la bataille qui s’y est déroulée.

Le 4 juin 1859, les troupes de Napoléon III, en guerre contre l’Autriche, affrontent l’ennemi autour de cette bourgade italienne. Si laBataille de Magenta n’est pas particulièrement grande, la victoire des troupes franco-piémontaises a un rôle décisif dans cette campagne pour l’unification de l’Italie. La victoire est célébrée comme un triomphe dans l’Hexagone et la propagande impériale raconte que le village de Magenta n’est plus qu’un champ de ruines. On dit même qu’on le verrait de loin grâce à sa couleur pourpre, tant le sang a coulé sur le champ de bataille… Pour rendre hommage aux soldats français (et pour faire un coup marketing), les frères Renard commercialisent donc leur nouvelle couleur du nom de ce petit village italien…


Le cachemire, un tissu venu d’une région montagneuse orientale


Le cachemire est une étoffe luxueuse très douce, particulièrement prisée. La fibre est issue de la laine des chèvres vivant en altitude sur les hauts plateaux du Cachemire – d’où elle tient son nom – situés à la frontière entre l’Inde, le Pakistan et la Chine. On l’obtenait en tondant les troupeaux à la fin de l’hiver, pour la transformer en tissu à partir du XVe siècle dans la région.


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Des chèvres du Cachemire. (Photo : Jelle Visser / FlickR / CC BY 2.0)

Contrairement à la soie, qui arrive en Europe à la fin du Moyen-Âge via les échanges commerciaux, il faut attendre le début du XIXe siècle pour que le cachemire débarque à l’Ouest. On doit l’importation de ce tissu aux Français Jean-Baptiste Decrétot et Guillaume-Louis Ternaux, deux manufacturiers qui sont les premiers à commercialiser cette nouvelle étoffe. En 1830, l’industrie du cachemire se développe également en Écosse, à partir de métiers à tisser français, puis se répand sur tout le continent européen.

La mousseline, une étoffe baptisée par les marchands vénitiens


Cette toile de coton très claire et vaporeuse, transparente et légère, existe depuis l’Antiquité au Moyen-Orient. On apprend son existence via les écrits de Marco Polo. Dans son récit de voyage Le Devisement du Monde, le marin et marchand italien décrit les vêtements des commerçants musulmans et leur tissu léger, qu’il baptise « mousseline ».

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Enluminure du livre « Le Devisement du monde » de Marco Polo, également intitulé « Le Livre des Merveilles ». (Illustration : Wikimédia Commons)

Mais même si l’aspect de leur étoffe peut rappeler celui de la mousse, le mot vient en fait de la ville de Mossoul, l’un des principaux ports de commerce sur les rives du Tigre (dans le nord de l’Irak actuel), où ces tissus sont vendus aux marchands vénitiens. Ces derniers commencent à importer ces étoffes en Italie à partir du XIIIe siècle, mais il faut attendre près de 400 ans pour que ces tissus traversent les Alpes pour arriver en France. La mousseline sera produite de façon industrielle pour la première fois à Tarare, à côté de Lyon, par le tisserand Georges-Antoine Simonet en 1750, avant de composer les robes des femmes de la cour !

Le bikini, nom d’un atoll hawaïen


Accessoire indissociable des vacances estivales, ce maillot de bain deux-pièces, inventé par Louis Réard en 1946, a défrayé la chronique à sa création. Cet ingénieur français gère à l’époque la boutique de sa mère, aux Folies-Bergères à Paris. Nous sommes dans l’immédiat après-guerre, les Français veulent tourner la page du second conflit mondial, l’heure est de nouveau à la légèreté.

C’est en observant les femmes retrousser leur maillot de bain pour bronzer que vient à Louis Réard l’idée de créer « le plus petit maillot de bain du monde », un soutien-gorge et une culotte, composés de triangles de tissu reliés par une corde. Le Français en est sûr, son invention va avoir l’effet d’une bombe ! Et pourquoi ne pas baptiser sa création du nom de cet atoll où vient d’avoir lieu un essai nucléaire américain, dans l’atoll de Bikini, aux îles Marshall ?

Nous sommes cinq jours avant sa présentation au grand public, l’idée est trop tentante… Surtout que ce maillot, avant même le défilé prévu à la piscine Molitor de Paris, fait déjà scandale ! En effet, aucun modèle professionnel n’accepte de porter ce bikini et Louis Réard est obligé d’engager une strip-teaseuse du Casino de Paris.

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L’actrice américaine Ursula Andress, en bikini dans « James Bond contre Dr No », sorti en 1962. (Photo : capture d’écran YouTube)

En 1949, ce maillot de bain est même interdit sur les plages de France, Belgique, Espagne et Italie… Il faudra attendre 1953 pour que le bikini devienne incontournable en France, grâce à l’actrice Brigitte Bardot, qui se fait photographier avec ce maillot de bain sur la plage du Carlton au festival de Cannes… Avant de conquérir le monde avec une autre comédienne, l’Américaine Ursula Andress, qui porte un bikini blanc dans l’une des scènes du film James Bond contre Dr No, sorti en 1962.

Côté masculin, le bermuda (qui tient son nom des îles britanniques des Bermudes, car c’est là où est née la mode des shorts longs dans les années 1950) ne fera pas autant de bruit !


Dernière édition par Admin le Mar 15 Jan - 22:07, édité 1 fois
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Message par Admin Mar 15 Jan - 22:06

La cravate, le tour de cou des hussards croates

Attribut vestimentaire incontournable de la mode masculine, la cravate doit son origine à des cavaliers croates. Nous sommes en France, au début du XVIIe siècle, sous le règne de Louis XIII. La Guerre de Trente ans déchire l’Europe depuis 1618. Deux camps s’affrontent : le Royaume de France, qui soutient les protestants face au Saint Empire Germanique afin de contrer la puissance de la maison Habsbourg.

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Sur ce portrait de Louis XIV en habit de sacre, le monarque porte une cravate blanche, à la mode des hussards croates. (Illustration : Wikimédia Commons)

Pour combattre, les troupes régulières françaises ne suffisent pas et Louis XIII fait appel, en 1635, à une bande de mercenaires croates. Ces soldats ont une réputation de guerriers d’élite dans toute l’Europe. Particularité, ils portent pour se protéger du froid une bande de tissu blanc nouée autour du cou. Cette coquetterie plaira à Louis XIII puis à son fils Louis XIV, qui adopteront cet accessoire dans leurs tenues, rendant très vite la cravate populaire à la cour de France. Le terme « cravate » serait tout simplement une déformation de « croate »…


La guinguette, le nom d’un cépage des bords de Marne


Ces cabarets populaires et souvent éphémères, qui enchantent encore aujourd’hui nos étés au bord de l’eau, tiennent leur nom d’un petit vin blanc sec et pétillant, le guinguet, que l’on servait à la fin du XIXe siècle sur les bords de la Marne ou de la Seine, près de Paris.

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« Le déjeuner des canotiers » d’Auguste Renoir représente les guinguettes, populaires à la fin du XIXe siècle. (Illustration : Wikimédia Commons)

« On y buvait un petit vin, produit des vignes dépendant du clos Guinguet ; c’est ce qui donna le nom de guinguettes aux endroits où on le débitait », raconte l’historien Charles Virmaître, au début du XXe siècle. Les vignes du clos Guinguet se situaient sur les pentes de Belleville, à flanc de coteaux. Elles ont laissé leur nom à ce vin et à ces troquets, immortalisés par les peintres impressionnistes, au premier rang desquels Auguste Renoir.

La chantilly, une crème née dans un château de l’Oise

Si la célèbre crème fouettée porte le nom de la ville de Chantilly, dans l’Oise, la légende raconte qu’elle a été inventée par François Vatel, le maître d’hôtel du prince de Condé, cousin de Louis XIV. En avril 1671, lors d’un banquet organisé à Chantilly dans le château de l’aristocrate, en l’honneur du roi de France et de sa cour, on vint à manquer de victuailles pendant cette fête de trois jours. Ayant raté de rôti le jeudi et ne voyant pas la marée arriver pour le repas du vendredi, Vatel se suicide, ne pouvant supporter cet affront.

On raconte également qu’il aurait aussi manqué de crème… Cherchant comment compenser cette pénurie, il l’aurait vivement battue pour lui donner du volume et l’aurait ainsi appelée « chantilly ». Si l’anecdote est séduisante, elle est pourtant totalement fausse ! En effet, la crème fouettée existe en France depuis déjà plus de trente ans. Et si la chantilly est bien née dans la ville du même nom, c’est bien plus tard, en 1775…

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Le château de Chantilly aujourd’hui. (Photo : Gautier Demouveaux)

À l’époque, Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé et propriétaire du domaine de Chantilly, s’inspire des écrits de Rousseau qui prônent un retour à la nature, et la vie saine et simple des paysans. Il fait construire le hameau de Chantilly, avec notamment une étable et une laiterie. Et c’est lors d’une des réceptions du prince que l’un de ses cuisiniers ajoute du sucre au lait de la ferme monté en crème fouettée, épatant ses invités, qui ne manquent pas de parler de cette fameuse crème de Chantilly !

Le rugby, un sport né dans un collège anglais


Ce sport populaire tient son nom du Collège de Rugby, une ville du centre de l’Angleterre. Un jour de novembre 1823, un élève prénommé William Webb Ellis se met à courir avec le ballon à la main, en pleine partie de football ! C’est cet événement qui serait à l’origine de la naissance du rugby moderne.

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La statue de William Webb Ellis devant le collège de Rugby. (Photo : Ben Sutherland / Flickr / CC BY 2.0)

Ce sport aurait été codifié et pratiqué à partir de cette date-là dans ces collèges anglais, chargés d’éduquer la « bonne société » de l’Empire britannique. Les premières règles éditées de ce « rugby-football » datent de 1846, mais adaptent en fait des jeux beaucoup plus anciens, remontant au Moyen-Âge, comme la soule


Le corbillard, un bateau de transport


Le véhicule préposé aux enterrements pour transporter le cercueil au cimetière tient son nom de Corbeil-Essonnes, une petite ville située à une trentaine de kilomètres au sud de Paris. Au Moyen-Âge, les marchés de la capitale étaient ravitaillés via la Seine par plusieurs ports situés aux alentours de la ville, et l’un des principaux était celui de Corbeil. Céréales, fruits et légumes, vin, bois ou encore matériaux de construction étaient amenés par des bateaux spécifiques, à fond plat, spécialement conçus pour le transport fluvial de marchandises.

Comme ils arrivaient de cette ville de l’Essonne, les Parisiens ont rapidement baptisés ces embarcations les « corbeillards ». Arrive le XIVe siècle et la terrible peste noire, qui va faire près de 50 millions de morts et décimer la moitié de la population européenne. Le premier cas est observé le 20 août 1348 à Paris. La peste bubonique fait des dizaines de milliers de victimes dans la capitale et les cadavres s’amoncellent dans les rues, sans que personne ne sache plus comment ni où les enterrer.

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Un corbillard au début du XXe siècle, aux États-Unis. (Photo : Wikimédia Commons)

De nombreuses fosses communes sont creusées dans la campagne autour de Paris, le long des rives de la Seine. Les autorités pensent alors à ces fameux bateaux, qui repartent à vide après leurs livraisons. Ils sont alors réquisitionnés pour transporter les corps. Et c’est ainsi que, par extension, les charrettes à bras, à chevaux – ou motorisées à partir du XXe siècle – prendront le nom de corbillard, d’abord à Paris, puis dans le reste de l’Hexagone.




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