LA SANDALETTE DE PLOUHA
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Une algue rouge dévore les glaciers de l’Antarctique

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Message par Admin Dim 1 Mar - 20:51

Une algue rouge dévore les glaciers de l’Antarctique Descha73

Déjà observées au Groenland, en Arctique et même dans les Alpes, elles prolifèrent désormais sur les glaciers de l’Antarctique. Les algues rouges, qui résultent du réchauffement climatique, accélèrent aussi la fonte des neiges.

On dirait des traces de sang. Mais ce n’en est pas. Ce qui donne à la neige ces curieux reflets rougeâtres, ce sont des algues rouges qui prolifèrent actuellement sur les glaciers de l’Antarctique. Elles ont été observées et étudiées sur une base occupée par des chercheurs ukrainiens, qui ont relayé leurs informations sur la page Facebook du ministère ukrainien de l’Éducation et des Sciences. Et le journal britannique The Independent s’en est fait l’écho.

Les scientifiques ukrainiens ont constaté que cette algue est capable de survivre aux températures extrêmement basses pendant l’hiver et commence à germer lorsque des températures plus élevées arrivent en été (entre octobre et février).

Les cellules de l’algue ont une couche rouge de carotène qui la protège des rayons ultraviolets et produit des taches rouges dans la neige comme « de la confiture de framboises », disent les chercheurs. Le problème c’est qu’à cause de cette couleur, la neige reflète moins la lumière du soleil, absorbe donc davantage sa chaleur et fond plus rapidement, notent les scientifiques ukrainiens. Ces algues sont des témoins du réchauffement climatique.

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L’algue prolifère. Sa présence est nouvelle en Antarctique. (Photo : capture Facebook / Andrey Zotov/Ministry of Education and Science of Ukraine)

Vague de chaleur en Antarctique


L’Antarctique a connu une vague de chaleur de neuf jours ce mois-ci et a enregistré un record de chaleur inhabituelle avec 18,3 °C enregistrés par la station de recherche argentine, Esparanza. La semaine dernière, des images publiées par la Nasa, l’agence spatiale américaine, ont révélé que près d’un quart de la couverture neigeuse d’une île de l’Antarctique a fondu pendant la canicule.

« Je n’ai jamais vu des bassins de fonte se développer aussi rapidement en Antarctique », a notamment déclaré Mauri Pelto. Ce géologue au Nichols College du Massachusetts travaille également à l’Observatoire de la Terre de la Nasa. « On voit ce genre d’événements de fonte en Alaska et au Groenland, mais d’habitude pas en Antarctique. »

Le phénomène des algues rouges est également connu sous le nom de « neige de pastèque ». Il a déjà été observé dans l’Arctique, mais aussi dans les Alpes. Nous avions déjà interrogé Gerhard Krinner, climatologue polaire et directeur de recherche au CNRS sur le sujet. Il avait confirmé à l’édition du soir que les algues rouges « ne sont pas nouvelles, mais de plus en plus nombreuses ». La faute au dérèglement climatique : « Les algues vont s’établir là où elles ont à manger », nous expliquait-il en septembre 2018. Et leur alimentation dépend directement de la fonte des glaces. Elles se nourrissent, en effet, d’eau liquide créée par la fonte de la neige et de nutriments qu’elles trouvent dans la pollution et les saletés.

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L’algue rouge se nourrit de la fonte des neiges et l’accélère. (Photo : capture Facebook / Andrey Zotov / Ministry of Education and Science of Ukraine)

Un cercle vicieux

En plus de dépendre de cette fonte, les algues l’accélèrent : « Ces algues, comme toute pollution, colorent la neige et la rendent moins blanche. Donc plus exposée au rayonnement solaire et ça augmente la fonte. »

Un cercle vicieux qui ne va pas aller en s’arrangeant. Selon une étude publiée dans Nature Communications en 2016, la prolifération des algues pourrait contribuer à faire fondre jusqu’à 13 % de glace en plus au cours d’une saison.

Et les chiffres du Centre national américain de données sur la neige et la glace (NSIDC) vont dans le même sens. Malgré les preuves de leurs effets sur la fonte des glaciers, les algues rouges ne sont pas prises en compte dans les projections climatiques. « C’est là qu’on pourrait s’améliorer, reconnaît Gerhard Krinner. Pour l’heure, on rassemble l’ensemble des effets en un seul : le vieillissement de la neige. »

En attendant, pour enrayer cette fonte, les Alpes suisses ont imaginé une solution : mettre d’immenses bâches blanches sur la neige…

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